Publié le 16-04-2026

La rose tunisienne, un trésor de beauté et d'espoir qui rayonne dans le monde

Le secteur de la rose en Tunisie constitue l’un des secteurs agricoles les plus spécifiques, alliant un héritage culturel ancien à une valeur économique croissante, dans un contexte mondial marqué par une demande accrue pour les produits naturels et aromatiques. Malgré une production relativement limitée par rapport à d’autres filières agricoles, il est considéré comme un secteur stratégique, dont l’importance repose surtout sur la valeur ajoutée générée par la transformation et l’exportation.



La rose tunisienne, un trésor de beauté et d'espoir qui rayonne dans le monde

Une production concentrée dans plusieurs régions

Selon les données du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, la production de roses en Tunisie est principalement concentrée dans plusieurs gouvernorats, notamment :

Kairouan(principal pôle de production)

Nabeul

Ariana

Ben Arous

Béja

Sousse

Monastir

La superficie totale cultivée est d’environ 380 hectares, dont près de 370 hectares se trouvent à Kairouan, ce qui témoigne d’une forte concentration géographique de la filière.

La production nationale est estimée entre 500 et 540 tonnes par an, un volume modeste, mais qui prend toute son importance lorsqu’il est intégré dans les chaînes de transformation.

🧪La valeur ajoutée : la véritable richesse du secteur

La véritable force économique de la filière réside dans la phase post-récolte, où la rose est transformée en produits à haute valeur ajoutée, tels que :

Eau de rose

Huiles essentielles

Rose séchée

La distillation, traditionnelle ou moderne, constitue l’étape centrale de cette chaîne, basée sur l’extraction des huiles aromatiques par vapeur et condensation.

Plus les techniques de transformation sont avancées, plus la qualité et la compétitivité internationale augmentent.

Produits diversifiés et marchés internationaux

La rose tunisienne est utilisée dans plusieurs secteurs :

Industrie alimentaire (pâtisseries et boissons)

Cosmétiques (crèmes et parfums naturels)

Parfumerie de luxe

Les variétés Rosa damascena et Rosa centifolia sont particulièrement reconnues pour leur qualité élevée, ce qui permet à la Tunisie de s’imposer sur les marchés internationaux.

Environ 60 % de la production est destinée à l’exportation, principalement vers :

France

Italie

Suisse

Cependant, les agriculteurs restent les acteurs les moins bénéficiaires de la chaîne de valeur, face aux transformateurs et exportateurs.

Défis structurels du secteur

Malgré son potentiel, la filière fait face à plusieurs contraintes :

Faible organisation entre les acteurs

Morcellement des exploitations agricoles

Manque d’investissement dans les technologies modernes de distillation

Faible promotion à l’international

Absence de labels de qualité structurés

Faible intégration entre production agricole et industrie de transformation

Rôle de l’État et programmes de développement

Le ministère de l’Agriculture œuvre à la valorisation de la filière à travers une stratégie nationale visant à renforcer les chaînes de valeur, notamment via :

Appui technique aux agriculteurs

Modernisation des unités de transformation et de distillation

Encouragement de l’investissement dans les industries aromatiques et cosmétiques

Mise en place de certifications de qualité (bio, indications géographiques)

Formation et accompagnement technique

Promotion dans les salons internationaux

Renforcement des liens entre producteurs et exportateurs

La filière bénéficie également de partenariats internationaux, notamment avec la Suisse et des organisations onusiennes, afin d’améliorer les compétences techniques et commerciales.

Perspectives prometteuses

Le gouvernorat de Kairouan occupe une place centrale et pourrait devenir un pôle aromatique intégré, à condition de :

Moderniser les unités de distillation

Soutenir les coopératives agricoles

Améliorer la gouvernance du secteur

Développer les industries cosmétiques liées à la rose

Selon le ministère, la filière rose représente un modèle économique basé sur la transformation des ressources agricoles en forte valeur ajoutée, dont le développement nécessite des réformes structurelles et une meilleure répartition des richesses.



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