Publié le 10-02-2026
Quand la charlatanerie remplace le traitement médical de l'épilepsie en Tunisie
La Tunisie célèbre ce lundi la Journée mondiale de l’épilepsie, observée chaque année le deuxième lundi du mois de février, une occasion dédiée à la sensibilisation à cette maladie neurologique, à ses traitements efficaces et à la lutte contre les idées reçues qui l’entourent.

Le recours persistant à la médecine alternative et à la charlatanerie
Dans une déclaration à l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), le directeur exécutif de l’Association tunisienne des patients épileptiques, Hamza Ben Hassine, a affirmé que les Tunisiens n’ont pas encore pleinement accepté l’épilepsie, soulignant qu’un nombre non négligeable de patients ont encore recours à la médecine alternative et aux pratiques de charlatanerie.
Il a précisé que l’épilepsie est une maladie neurologique, dont le traitement repose exclusivement sur les médicaments chimiques appropriés, avertissant que les traitements anarchiques représentent un danger réel pour la santé des patients.
Un déficit de sensibilisation et une stigmatisation persistante
Hamza Ben Hassine a également indiqué que la sensibilisation à l’épilepsie demeure insuffisante, ne dépassant même pas le seuil moyen, tout en dénonçant la stigmatisation sociale dont souffrent les patients dans leur environnement familial et professionnel, ce qui aggrave leur souffrance psychologique.
Appel à des campagnes nationales de sensibilisation
Le responsable a appelé le ministère de la Santé à intensifier ses efforts à travers :
l’organisation de campagnes de sensibilisation dans les établissements de santé,
la diffusion de spots de sensibilisation,
et la vulgarisation des gestes à adopter pendant et après une crise d’épilepsie,
afin de limiter l’automédication et d’améliorer la connaissance du public sur la maladie.
De lourdes répercussions psychologiques après les crises
Il a souligné que les patients souffrant de crises d’épilepsie récurrentes présentent, après chaque crise, de graves séquelles psychologiques, nécessitant une prise en charge médicale et psychologique, notamment chez les enfants, insistant sur l’importance du soutien familial et professionnel.
Vers un registre national et des centres régionaux de sensibilisation
Hamza Ben Hassine a annoncé l’intention de l’Association tunisienne des patients épileptiques de mettre en place un registre national des patients atteints d’épilepsie en Tunisie, tout en œuvrant, avec l’appui des institutions économiques, à la création de centres régionaux au sein des structures de santé pour :
sensibiliser à la maladie,
et fournir des données statistiques fiables.
Plus de 60 % des cas d’épilepsie traitables en Tunisie
De son côté, la professeure en neurologie à l’hôpital Razi et présidente de l’Union arabe des sociétés de neurologie, la Dre Amina Gargouri Belrachid, a récemment indiqué que le taux de guérison de l’épilepsie en Tunisie dépasse 60 %.
OMS : 70 % des patients peuvent vivre sans crises
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’épilepsie est une maladie chronique non transmissible du cerveau, qui touche environ 50 millions de personnes dans le monde.
L’OMS précise que :
près de 80 % des personnes atteintes vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire,
et que jusqu’à 70 % des patients peuvent mener une vie sans crises si la maladie est correctement diagnostiquée et traitée.
Risque de mortalité précoce et caractéristiques des crises
La dangerosité de l’épilepsie réside notamment dans le fait qu’elle entraîne une mortalité prématurée, dont le taux est trois fois supérieur à celui de la population générale.
Les crises résultent de décharges électriques excessives émises par un groupe de cellules cérébrales et peuvent varier :
de crises partielles, touchant une partie du corps,
à des crises généralisées, affectant l’ensemble du corps.
Elles peuvent s’accompagner d’une perte de connaissance et d’une perte de contrôle des fonctions urinaires ou intestinales.
