Publié le 25-06-2026

Savoir éco en Tunisie : comment l'économie est devenue compréhensible pour tous ?

Le projet “Savoir éco” met en lumière son rôle central dans la modernisation de la production de l’information économique en Tunisie, en renforçant les passerelles entre institutions publiques, centres de recherche, médias et société civile, tout en accélérant la transition digitale et la diffusion des savoirs vers l’espace public.



Savoir éco en Tunisie : comment l'économie est devenue compréhensible pour tous ?

Renforcement des structures productrices d’information économique

La première séquence de cette session a été consacrée aux expériences d’institutions publiques et de centres de recherche dans la modernisation de la communication institutionnelle, notamment dans le cadre du Recensement général de la population.

La représentante de l’Institut National de la Statistique (INS) a salué la flexibilité du projet, affirmant : « le projet s’est distingué par son agilité à répondre à des besoins urgents et non planifiés, notamment durant le recensement général de la population ».

Le soutien a concerné le développement des compétences en datavisualisation, afin de transformer des données complexes en infographies accessibles, ainsi que des formations en media training pour les cadres de l’institut. Elle a précisé : « il s’agit de permettre aux cadres de présenter les chiffres et les projections démographiques de manière claire et efficace aux journalistes ».

Le projet a également contribué à améliorer la communication interne et à introduire des outils innovants comme les “Smart Surveys”, des enquêtes numériques simplifiées destinées aux entreprises.

Transformation des pratiques dans la recherche publique

L’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Études Quantitatives (ITCEQ) a présenté les apports du projet autour de quatre axes : analytique, méthodologique, institutionnel et communicationnel.

La représentante a indiqué : « nous avons pu développer des modèles prospectifs intégrés à long terme qui n’existaient pas auparavant ».

Elle a également souligné la création du premier référentiel d’évaluation des politiques publiques en Tunisie, ainsi que le déploiement de la plateforme “Data LEC” et la refonte du site web.

Sur le plan communicationnel, elle a ajouté : « les chercheurs sont désormais capables de sortir de leurs bureaux et de diffuser leurs travaux afin de renforcer le rôle de l’institut comme think tank public de référence ».

Recherche-action et approche participative

Le Forum des Sciences Sociales Appliquées (FSSA) a présenté l’expérience du projet “Les Gardiennes Vertes”, basé sur une approche de recherche-action et d’enquête délibérative auprès des femmes collectrices de plastique.

La coordinatrice a expliqué : « nous avons choisi de nous éloigner des théories abstraites pour aller directement vers les bénéficiaires et co-construire les recommandations avec les actrices du terrain ».

Diffusion des savoirs et élargissement du public

L’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) a connu une transformation majeure de sa stratégie de communication à travers les programmes “Ecoforums” et “Leaders Éco”.

Cette évolution a permis d’élargir considérablement l’audience, notamment auprès des jeunes. Les responsables ont indiqué que la communauté en ligne a doublé, passant de 40 000 à 80 000 abonnés, avec une portée de plus de 500 000 jeunes.

Plus de 25 influenceurs ont été formés pour vulgariser les concepts économiques auprès du grand public.

Du terrain à l’expertise institutionnelle

L’Association Patrimoine pour l’Économie Solidaire (APES) illustre le passage du travail de terrain à la production structurée de connaissances.

L’association a expliqué que l’appui du projet a permis de formaliser la recherche-action, notamment à travers la publication d’un Policy Brief sur le décrochage des jeunes.

Selon ses responsables, cette évolution marque un changement de statut : « d’acteur de terrain, nous sommes devenus des praticiens experts reconnus ».

Pont entre chercheurs et médias

La Fédération des Directeurs de Journaux a souligné les défis de la vulgarisation économique dans les médias.

Un intervenant a expliqué : « le défi aujourd’hui est de condenser l’information en moins de 300 mots, parfois 100 mots, pour capter l’attention en 20 secondes ».

Contenus numériques et appropriation des savoirs

Le créateur de contenu Baha Haouas a partagé son expérience au sein du programme “Leaders Éco”.

Il a affirmé : « je construis désormais mes vidéos à partir des problèmes vécus par les jeunes, puis je remonte aux causes économiques ».

Simplification des politiques économiques

Le Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) a travaillé sur la perception du Pacte vert européen, souvent considéré comme une contrainte par les entreprises tunisiennes.

Le projet a permis l’élaboration d’un guide pratique et l’implication d’une vingtaine de structures d’accompagnement afin de transformer cette transition en outil opérationnel.

À travers ces différentes expériences, le projet Savoir éco confirme son ambition de transformer la recherche économique en un outil accessible, utile et directement mobilisable pour la décision publique, les médias et la société, en renforçant les dynamiques de co-construction des savoirs.

 

 



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