Publié le 25-06-2026
Coline Réal (Ferdi) : ''transformer la recherche en policy briefs pour éclairer la décision publique'' dans Savoirs éco
« Entre ce que la recherche sait et ce que la décision retient, il reste une distance. Et c’est précisément ce fossé que le projet Savoirs éco a cherché à combler », a expliqué Coline Réal, responsable de formation à la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi), lors de la cérémonie de clôture à Tunis.

Financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, le projet Savoirs éco s’inscrit dans une démarche visant à renforcer le lien entre recherche académique, production institutionnelle de savoir économique et décision publique en Tunisie.
Coline Réal a détaillé l’approche du projet autour de trois piliers principaux :le renforcement des capacités des structures productrices de savoirs, l’appui à la production d’analyses économiques rigoureuses et accessibles, la diffusion des connaissances dans l’espace public
Elle affirme :« Produire des connaissances, les rendre accessibles via des formations et des événements afin d’alimenter le débat public et le dialogue de politique publique. »
Au total, 164 personnes issues de 57 structures productrices de savoir économique (SPSE) ont été formées, réunissant administrations, universités et société civile.
Le projet a permis de rapprocher des profils différents autour d’enjeux communs.
« Ces rencontres sont précieuses parce qu’elles contribuent à construire un langage commun, à créer des liens et à ouvrir des collaborations », a souligné Coline Réal.
Du savoir à la décision : l’enjeu du “policy brief”
Le deuxième axe du projet porte sur la transformation de la recherche en outils directement exploitables par les décideurs.
Le programme de mentorat, porté notamment par la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi), a accompagné les équipes dans la production de policy briefs sur des thématiques stratégiques : fiscalité, transition écologique, compétitivité ou encore emploi.
Coline Réal insiste :« Entre le travail de recherche et la recommandation que le décideur peut saisir, il y a un travail nécessaire de traduction. Ce travail ne va pas de soi. »
L’exemple de l’ITCEQ illustre cette dynamique, avec un travail sur la fiscalité environnementale ensuite diffusé, débattu et enrichi dans plusieurs espaces publics.
Au total, 12 policy briefs ont été produits, avec un accompagnement méthodologique renforcé.
Le troisième axe concerne la diffusion des connaissances à travers des tables rondes, restitutions publiques et visites d’études.
Objectif : faire sortir la recherche des cercles fermés et l’inscrire dans le débat public.
le projet a permis :l’accompagnement de 24 structures productrices de savoir économique, la production de 68 policy briefs, le développement de la plateforme EcoTous portée par l’IACE, l’appui à l’Institut National de la Statistique dans la valorisation des données du RGPH 2024,et une coopération renforcée avec l’Insee.
Pour Coline Réal, l’impact du projet dépasse les résultats mesurables :« Quelque chose s’est construit ici qui ne disparaîtra pas avec la fin du projet. »
« Savoirs éco a permis de créer des occasions de rencontre, de travail et d’apprentissage mutuel entre des acteurs qui travaillaient en silo. »
Avec cette clôture, les partenaires — dont l’Union européenne et Expertise France — appellent à consolider cette dynamique afin de renforcer une gouvernance publique fondée sur la recherche, l’analyse et le débat éclairé en Tunisie.
