Publié le 23-06-2026

Savoirs éco – Tunisie : Manuel Bufala appelle à renforcer la culture du débat scientifique pour éclairer les décisions économiques

La cérémonie officielle de clôture du projet Savoirs éco s’est tenue le 19 juin 2026 à Tunis, marquant l’aboutissement de 43 mois de mise en œuvre d’un programme financé par l’Union européenne et exécuté par Expertise France. Doté d’un budget de 4,5 millions d’euros, le projet a été mené en partenariat avec le ministère de l’Économie et de la Planification ainsi que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.



Savoirs éco – Tunisie : Manuel Bufala appelle à renforcer la culture du débat scientifique pour éclairer les décisions économiques

L’événement a réuni décideurs, universitaires et acteurs de la société civile, autour d’un bilan jugé positif et structurant pour l’écosystème tunisien de production de savoirs économiques.

Dans son intervention, Manuel Bufala, Conseiller principal et Chargé d’affaires a.i. de l’Ambassade de France en Tunisie, a salué la portée du projet en le qualifiant de « modèle de coopération et de point de référence qui pourra servir dans d’autres zones géographiques ».

Il a insisté sur le rôle essentiel de la recherche dans le contexte actuel, déclarant : « Si Savoirs éco est un projet original, il n’en demeure pas moins essentiel dans la mesure où la parole scientifique est de plus en plus souvent décrédibilisée et remise en cause. Dans ce contexte, il est plus que jamais nécessaire de créer et de préserver des espaces publics où les résultats de la recherche sont expliqués, débattus et vulgarisés afin d’être accessibles au plus grand nombre. »

Selon lui, les enjeux économiques touchent directement les citoyens, notamment à travers la hausse des prix, les inégalités sociales et territoriales, et les effets du changement climatique. Il estime que l’accès à une information fiable constitue un enjeu démocratique majeur.

Le projet a accompagné 24 structures productrices de savoirs économiques (SPSE), issues d’institutions publiques, de centres de recherche et de think tanks.

L’ITCEQ a été renforcé à travers le développement de trois modèles économétriques et la création de plateformes de données, tandis que l’INS a bénéficié d’un appui pour la diffusion des résultats du RGPH 2024.

Le réseau Global Development Network (GDN) a également réalisé une première régionale avec le rapport Doing Research Assessment, dressant un état des lieux du système de recherche en Tunisie.

Au total, 68 policy briefs ont été produits, en plus d’un ouvrage prospectif intitulé « L’économie tunisienne 2026 : la Tunisie à l’ère des grandes ruptures ».

Vulgarisation et accès au savoir : un enjeu central

Le projet a également favorisé la diffusion du savoir dans plusieurs régions du pays, notamment à Sousse, Médenine, Béja, Le Kef et Sfax, à travers des initiatives de vulgarisation.

La plateforme EcoTous, développée par l’IACE et l’IADH, a permis la publication de plus de 100 articles pédagogiques sur des thématiques économiques majeures telles que la transition énergétique ou l’intelligence artificielle.

En conclusion, Manuel Bufala a appelé à la pérennisation des acquis, déclarant : « Gageons que les graines plantées dans le cadre de Savoirs éco puissent favoriser de nouveaux projets visant à ce que les décisions des acteurs publics et privés continuent de s’appuyer sur des analyses robustes et accessibles. »

 



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