Publié le 06-03-2018

SIDA : Le premier traitement préventif proche d'être commercialisé

Un premier traitement préventif contre le sida pourrait être prochainement commercialisé. C'est ce qu'a recommandé jeudi un comité d'experts à l'Agence américaine des médicaments, malgré certaines craintes.



SIDA : Le premier traitement préventif proche d'être commercialisé

Un comité consultatif d'experts indépendants a recommandé jeudi à l'Agence américaine des médicaments (FDA) la mise sur le marché du Truvada, le premier traitement de prévention contre le sida. La FDA n'est pas tenue de suivre ces recommandations mais le plus souvent elle les entérine.

Par une large majorité, les 22 experts se sont prononcés en faveur de la commercialisation de ce traitement produit par le laboratoire américain Gilead Sciences. Le Truvada, une combinaison de deux anti-rétroviraux, est déjà prescrit pour des personnes infectées par le VIH, le virus de l'immunodéficience humaine responsable du sida. Son coût varie de 12'000 à 14'000 dollars par an.

Les experts ont recommandé la mise sur le marché du traitement préventif pour les hommes homosexuels séronégatifs, pour les couples hétérosexuels dont l'un des partenaires est séropositif et - avec une majorité moindre pour les "autres individus risquant d'être infectés en raison de leur activités sexuelles".

Craintes de certains organismes

Des médecins et infirmières soignant des séropositifs, des représentants d'organismes privés engagés dans la lutte contre le sida et des personnes infectées par le VIH étaient venus témoigner devant le comité. Une majorité s'est déclarée hostile à la mise sur le marché du Truvada.

"Je suis préoccupée par le danger de voir se développer une résistance au Truvada", qui est déjà utilisé pour traiter les séropositifs, a déclaré Roxanne Cox-Iyamu, un médecin qui soigne des personnes infectées par le VIH.

Karen Haughey, une infirmière, a fait valoir que ce traitement préventif "ne marchera pas car ce n'est pas dans la nature humaine de faire 100% ce qui est recommandé". Elle faisait référence au fait que le Truvada, qui se présente sous forme de comprimés, doit être pris quotidiennement pour être efficace.

Pas un substitut au préservatif

"Nous avons besoin d'un tel traitement car aux Etats-Unis nous avons encore 50'000 nouveaux cas d'infection chaque année, surtout parmi les hommes homosexuels et nous n'avons pas eu beaucoup de succès ces dernières années pour réduire ce nombre", a souligné le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID).

"De ce fait, tout médicament préventif est important", a-t-il ajouté, insistant sur le fait que le Truvada "ne devrait pas être utilisé pour se substituer aux autres méthodes de prévention" existantes, dont le préservatif.


Agences
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