Publié le 04-02-2011

Bouteflika s’inquiète, anticipe la crise et tente de l’éviter …

Le sort de Ben Ali semble offrir une bonne leçon pour tous les dirigeants ces derniers temps… Avant qu'il ne soit trop tard, Le président Abdelaziz Bouteflika a décidé d’anticiper la crise et d’être à l'écoute de son peuple. Dans un communiqué envoyé aux médias officiels en date du jeudi 3 février, Bouteflika  a répondu à une série de revendications réclamées par son peuple, tout en promettant d'œuvrer dans le sens de la démocratie, du pluralisme et des libertés...



Bouteflika s’inquiète, anticipe la crise et tente de l’éviter …

Le sort de Ben Ali semble offrir une bonne leçon pour tous les dirigeants ces derniers temps… Avant qu'il ne soit trop tard, Le président Abdelaziz Bouteflika a décidé d’anticiper la crise et d’être à l'écoute de son peuple. Dans un communiqué envoyé aux médias officiels en date du jeudi 3 février, Bouteflika  a répondu à une série de revendications réclamées par son peuple, tout en promettant d'œuvrer dans le sens de la démocratie, du pluralisme et des libertés...

 

Quarante huit heures,  après le dépôt de la proposition de loi pour lever l’état d’urgence, un communiqué du Gouvernement promet cette mesure pour très prochainement :

Faite à la suite des véhémentes dénégations de membres éminents du Gouvernement, cette annonce est une première avancée sur ce dossier depuis 19 ans. Elle est le fruit de la mobilisation citoyenne et du mécontentement populaire dont le régime commence à prendre la véritable mesure. Nous signataires sommes  heureux d’avoir modestement apporté notre contribution à cette revendication légitime.

Il reste cependant que nous maintenons notre proposition de loi dont la pertinence au double plan juridique et  politique ne souffre d’aucun doute :

1- L’état d’urgence est un état de fait en violation de la Constitution depuis au moins février 1994. C’est au Parlement que l’article 122 alinéa 1 confie «  le régime des libertés publiques et la sauvegarde des libertés individuelles » et il s’agit, en l’espèce,  de rétablir des libertés confisquées. Le texte qui avait prorogé  la durée de l’état d’urgence sans limitation est un décret législatif donc susceptible d’être abrogé par le Parlement et la Loi. Même en intersession, l’institution législative devra être reconvoquée.

2- La dévolution de la levée de l’Etat d’urgence  au Parlement sera une preuve de la volonté du régime en place de revenir à l’Etat de droit dont la séparation des pouvoirs est une garantie contre l’omnipotence solitaire et autoritaire de l’Exécutif constamment dénoncée par les députés.

3-S’agissant enfin d’un  début de promesse de déverrouillage du champ politique et médiatique, nous considérons que cette démarche ne trouverait aucune crédibilité tant que la liberté d’organisation des citoyens en association, syndicat et parti politique ne sera pas intégralement rétablie et inconditionnellement respectée.  Après des années de multipartisme de façade, redonner du crédit aux institutions et  à l’Etat algériens passe par la mise en place des instruments réels de renouvellement de la classe politique et de mobilisation civique des citoyens. C’est là la meilleure garantie contre toute  velléité de retour  en arrière.


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