Publié le 28-08-2026
De 150.000 à 400.000 dinars : le logement devient-il inaccessible aux Tunisiens ?
Le marché immobilier tunisien connaît des difficultés croissantes, dans un contexte marqué par la hausse des coûts de construction et la baisse du pouvoir d’achat des citoyens, ce qui se répercute directement sur leur capacité à acquérir un logement.

Hachemi Mliani, trésorier de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers et président de la Chambre régionale des promoteurs immobiliers de Sousse, a expliqué que devenir propriétaire représentait autrefois un rêve majeur pour les Tunisiens. Toutefois, ce rêve est aujourd’hui devenu plus difficile à réaliser en raison de la forte hausse des prix de l’immobilier et des coûts de construction.
Les prix de l’immobilier ont fortement augmenté
Mliani a indiqué qu’un logement vendu en 2010 aux alentours de 150 000 dinars peut aujourd’hui atteindre, avec les mêmes caractéristiques, un prix compris entre 380 000 et 400 000 dinars.
Il a principalement attribué cette hausse à l’augmentation importante des coûts de construction, soulignant que les prix de la main-d’œuvre et des matériaux de construction, notamment le fer, ont connu de fortes augmentations au cours des dernières années, ce qui s’est directement répercuté sur le prix final des logements.
Le pouvoir d’achat n’a pas suivi la hausse des prix
Mliani a souligné que le problème ne concerne pas uniquement les prix de l’immobilier, mais également la capacité des citoyens à financer leur acquisition, précisant que le pouvoir d’achat des Tunisiens n’a pas suivi l’augmentation importante des coûts de construction.
Il a ajouté que les salaires, malgré leur progression par rapport aux années précédentes, restent dans de nombreux cas insuffisants pour faire face au coût du logement et au financement bancaire.
La classe moyenne exclue des programmes de logement ?
Mliani a également critiqué l’inadéquation de plusieurs programmes de logement actuels avec les besoins de la classe moyenne, qui représente une large frange de la société tunisienne, estimant qu’une grande partie de cette catégorie éprouve désormais des difficultés à bénéficier des dispositifs disponibles.
Pour une meilleure utilisation du Fonds de promotion du logement
L’invité de l’émission a proposé de réorienter les ressources du Fonds de promotion du logement au profit des citoyens, rappelant que ce fonds est alimenté par des contributions des employeurs et que ses ressources devraient être consacrées au secteur du logement.
Il a estimé que permettre aux Tunisiens d’accéder à un crédit immobilier à un taux d’intérêt d’environ 3 % pourrait constituer l’une des solutions permettant de rendre à nouveau le rêve de devenir propriétaire plus accessible.
Le logement… un rêve tunisien qui nécessite de nouvelles solutions
Mliani a insisté sur le fait que la crise du logement nécessite des solutions prenant en compte la capacité réelle des citoyens à rembourser, tout en maîtrisant les coûts de construction et en mettant en place des mécanismes de financement plus adaptés.
Il a également souligné que le soutien au secteur du logement ne concerne pas uniquement l’accès des citoyens à la propriété, mais peut également contribuer à dynamiser le secteur du bâtiment, soutenir l’économie et renforcer la stabilité sociale.
