Publié le 26-08-2026

Tunisie : les chèques à l’origine de la crise de l'eau ?

La crise d’approvisionnement en eau en bouteille en Tunisie ne serait pas uniquement liée à la chaleur et à la hausse de la consommation. Un autre facteur serait en cause : le changement des modes de financement des transactions commerciales et de constitution des stocks.



Tunisie : les chèques à l’origine de la crise de l'eau ?

Les chèques passent de 43 % à seulement 12 %

Azam Soualmiya, propriétaire d’une société spécialisée dans la gestion des stocks, a déclaré à « Diwan FM » que le recours aux chèques dans les transactions commerciales a fortement diminué, passant de plus de 43 % en 2023 et 2024 à seulement 12 % en 2025.

Selon les chiffres présentés par Soualmiya, les chèques représentaient 43 % des transactions en 2023 et 43,5 % en 2024. En 2025, leur part a fortement reculé, tandis que les virements bancaires ont atteint 44 %, les effets de commerce 24 % et les paiements en espèces 19 %.

La chaleur n’explique pas tout

Soualmiya souligne que la consommation d’eau en bouteille a augmenté d’environ 10 % par rapport à la moyenne habituelle, une hausse notamment liée aux températures élevées. Toutefois, selon lui, cette augmentation de la demande ne suffit pas à expliquer à elle seule la crise actuelle.

D’après son analyse, le problème est principalement lié à la baisse des stocks, conséquence de l’évolution des modes de financement des transactions, mais aussi à la crainte de certains commerçants d’être poursuivis en justice si le stockage de grandes quantités de produits était considéré comme une pratique spéculative.

Comment fonctionnait le système auparavant ?

Durant l’hiver et le printemps, les grossistes profitaient de la baisse des prix pour constituer des stocks de sécurité d’eau et de boissons gazeuses, afin de se préparer à la saison estivale, période durant laquelle la demande augmente fortement.

Cette opération reposait largement sur les chèques différés. Les usines acceptaient des chèques de garantie lors de la constitution des stocks, lesquels étaient encaissés ultérieurement au moment de la mise sur le marché des produits et de la hausse de la demande.

La nouvelle loi sur les chèques change la donne

Selon Soualmiya, l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les chèques a eu un impact sur ce mode de financement des stocks, rendant ainsi plus difficile la constitution de réserves préalables pour certains commerçants.

Il ajoute que la crainte de voir le stockage de grandes quantités de produits pendant les périodes d’abondance considéré comme une pratique spéculative a également renforcé la prudence des commerçants, avec des répercussions sur les stocks disponibles dans les différents maillons de la distribution.

Une crise qui révèle un problème plus profond

Selon Soualmiya, la crise actuelle ne concerne pas uniquement l’eau en bouteille, mais révèle un problème plus large lié au stockage, à la distribution et au financement des stocks. La diminution des réserves constituées avant l’été aurait ainsi rendu le marché moins capable de répondre à la hausse saisonnière de la demande.

Il estime que le même problème pourrait toucher d’autres secteurs qui dépendent de la constitution préalable de stocks pour garantir un approvisionnement régulier durant les périodes de forte demande.



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