Publié le 08-07-2026
Les Tunisiens changent leurs habitudes de paiement : le mobile et les virements progressent
L’activité des paiements de détail en Tunisie a connu une évolution contrastée en 2025. Alors que le nombre des transactions a poursuivi sa progression pour atteindre 232,5 millions d’opérations, enregistrant une hausse de 3,9 % par rapport à 2024, le montant global traité a diminué de 8,4 % pour s’établir à 249,3 milliards de dinars, selon le rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie.

Le recul de la compensation électronique face à l’essor des nouveaux moyens de paiement
Cette évolution s’est accompagnée d’un recul des opérations de compensation électronique, principalement en raison de la baisse importante de l’utilisation des chèques, parallèlement au développement de moyens de paiement alternatifs, notamment les virements, les lettres de change, le paiement mobile et les paiements électroniques.
La répartition des paiements de détail en 2025 confirme la domination, en nombre d’opérations, des services bancaires électroniques et du paiement mobile, devenus aujourd’hui les principaux outils de transaction, avec une part de 74,5 % du total des opérations.
En revanche, l’activité de compensation électronique conserve une position dominante en termes de montants traités, représentant 87,5 % des sommes traitées. Toutefois, cette domination commence progressivement à diminuer, avec un recul de 2,4 points de pourcentage.
Le chèque recule fortement, les virements et les lettres de change progressent
L’utilisation des chèques a enregistré une baisse importante en 2025, avec un recul de 67,5 % en nombre d’opérations et de 58,8 % en valeur, confirmant une évolution des comportements de paiement.
Dans le même temps, les lettres de change ont connu une progression exceptionnelle, avec une hausse de 161 % en nombre et de 59,7 % en montant. Cette évolution traduit un remplacement partiel des usages auparavant liés aux chèques, notamment pour les paiements différés.
Les virements ont également enregistré une dynamique positive, avec une augmentation de 11,1 % en nombre et de 42,3 % en valeur, atteignant 38,5 millions d’opérations pour un montant de 79,6 milliards de dinars.
Les prélèvements ont, pour leur part, poursuivi leur progression avec une hausse de 21,4 % en nombre et de 22 % en valeur, reflétant l’extension des paiements récurrents, aussi bien pour les entreprises que pour les consommateurs.
Une transformation profonde de la structure des paiements
Dans ce contexte de transition, la structure globale des opérations de compensation électronique a connu un changement majeur en 2025. La part des virements en valeur a fortement progressé pour atteindre près de 60 %, tandis que la part des chèques a fortement diminué, avec un recul de 62,8 %.
Parallèlement, les lettres de change ont enregistré une nette reprise, leur part ayant presque doublé, ce qui traduit une reconfiguration progressive des habitudes de paiement en Tunisie.
Trois grandes tendances dans les comportements de paiement
1- Un fort recul des chèques pour les petites transactions :
Pour les opérations inférieures à 1 000 dinars, l’utilisation des chèques a fortement diminué, au profit notamment des lettres de change, dont le nombre et le montant ont presque triplé, devenant ainsi une alternative pour le règlement des ventes à crédit.
2- Un rééquilibrage pour les montants moyens :
Pour les transactions comprises entre 1 000 et 5 000 dinars, le recul des chèques a été compensé par une hausse importante du recours aux lettres de change et aux prélèvements directs. Cette évolution traduit un repositionnement des moyens de paiement dans les transactions entre entreprises et les paiements échelonnés.
3- Les virements dominent les grandes transactions :
Pour les paiements dépassant 10 000 dinars, les virements ont principalement bénéficié du remplacement des chèques, avec une progression importante de leur part en valeur, confirmant leur rôle de moyen privilégié pour les transactions de grande valeur.
Dans cette catégorie, le rôle des lettres de change s’est également renforcé, notamment dans les règlements commerciaux organisés, sans toutefois concurrencer les virements pour les opérations de montants élevés.
