Publié le 06-07-2026

La Méditerranée ''bouillonne'' : quel impact pour la Tunisie ?

L’ingénieur de l’Institut national de la météorologie, Mehrez Ghanouchi, a publié une analyse mettant en garde contre la hausse exceptionnelle des températures de surface des mers et des océans à l’échelle mondiale, estimant que les données actuelles illustrent l’accélération des effets du changement climatique.



La Méditerranée ''bouillonne'' : quel impact pour la Tunisie ?

Des températures record dans les océans

S’appuyant sur les données du Copernicus Marine Service, Mahrez Ghanouchi indique que l’anomalie thermique mondiale a atteint environ +0,5 °C le 30 juin 2026, soit le niveau le plus élevé jamais enregistré pour cette période depuis le début des observations modernes en 1993.

La carte montre une domination des couleurs jaune, orange et rouge sur la majorité des surfaces maritimes, signe que la plupart des mers et océans sont aujourd’hui plus chauds que leurs normales climatiques.

Des signes compatibles avec El Niño

Selon lui, la présence d’une vaste bande d’eaux chaudes dans le Pacifique équatorial constitue l’une des signatures caractéristiques du phénomène El Niño.

Ce phénomène se produit lorsque les alizés s’affaiblissent, permettant aux eaux chaudes de se déplacer vers l’est le long de l’équateur, ce qui entraîne une hausse des températures de surface de l’océan et influence le climat à l’échelle mondiale.

Il précise toutefois que cette seule carte ne suffit pas à confirmer officiellement la présence d’El Niño, puisqu’elle ne représente qu’une situation observée sur une seule journée. Elle constitue néanmoins un signal climatique important.

Pourquoi cette situation est-elle préoccupante ?

Mehrez Ghanouchi rappelle que les océans absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur généré par le réchauffement climatique. Lorsqu’ils se réchauffent, ils deviennent une source supplémentaire d’énergie et d’humidité pour l’atmosphère.

Cette situation peut entraîner :Des vagues de chaleur plus longues et plus intenses, Des pluies orageuses plus abondantes lorsque les conditions sont réunies, Un renforcement de certaines tempêtes et dépressions, Une élévation du niveau de la mer à long terme, Des perturbations des écosystèmes marins et un déclin de certaines ressources halieutiques.

Quelles conséquences pour la Tunisie ?

L’ingénieur souligne que la Tunisie se situe au cœur de la Méditerranée, l’une des régions du monde qui se réchauffent le plus rapidement, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique.

Parmi les principales conséquences possibles figurent :Une hausse des températures estivales, Des nuits plus chaudes et plus humides, notamment sur les régions côtières, Une mer chaude jusqu’à la fin de l’automne, Un risque accru d’épisodes orageux violents et de fortes pluies lorsque les conditions météorologiques sont favorables, Une pression supplémentaire sur les ressources en eau, l’agriculture et le secteur maritime.

Une précision importante

Mehrez Ghanouchi insiste sur le fait que le réchauffement de la mer ne signifie pas automatiquement que chaque dépression sera violente ou que chaque automne sera très pluvieux. Plusieurs facteurs météorologiques doivent être réunis simultanément pour déclencher des phénomènes extrêmes.

En revanche, une mer plus chaude augmente la probabilité d’événements météorologiques extrêmes lorsque les conditions sont réunies.

Pour Mehrez Ghanouchi, ce qui est observé aujourd’hui ne constitue pas une simple variation passagère, mais bien un indicateur d’un monde qui continue de se réchauffer. Si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, la Tunisie et l’ensemble du bassin méditerranéen feront partie des régions les plus exposées aux vagues de chaleur, à la sécheresse et aux phénomènes météorologiques extrêmes au cours des prochaines décennies.



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