Publié le 05-05-2026
CSR Power Forum 2026 : Mohamed Salah Frad appelle à faire de la finance durable le moteur de la transformation économique en Tunisie
À l’Hôtel Sheraton Tunis, la 5ème édition du CSR Power Forum 2026 a mis en lumière un tournant décisif pour l’économie nationale. Devant un parterre d’acteurs publics et privés, Mohamed Salah Frad, Directeur général UGFS, a dressé les contours d’une nouvelle ère où la finance durable s’impose comme un levier incontournable de la croissance économique en Tunisie.

Dès l’ouverture de la session plénière, le ton est donné : « Les risques climatiques ne sont plus théoriques aujourd’hui — c’est une réalité », souligne l’intervenant.
Dans un contexte marqué par l’accélération des mutations globales, la Tunisie entre dans une phase de bascule où les exigences ESG redéfinissent les règles du jeu. Les marchés financiers évoluent rapidement vers plus de responsabilité et d’impact, imposant une adaptation immédiate des modèles économiques.
« La question n’est plus de savoir s’il faut agir, mais comment structurer efficacement cette transformation », insiste-t-il.
Vers une finance stratégique, durable et orientée impact
Au cœur de cette transformation, la finance joue désormais un rôle central. L’objectif : aligner les systèmes financiers avec les objectifs climatiques et accompagner la transition vers une économie plus résiliente.
« Nous allons passer d’une logique financière classique à une finance stratégique, durable et orientée impact », affirme Mohamed Salah Frad.
Cette orientation s’inscrit dans la continuité de la loi de finances 2025, qui identifie quatre axes prioritaires : économie verte, économie bleue, économie circulaire et économie à impact.
Un alignement clair entre politique publique et stratégie financière, qui ouvre la voie à une transformation en profondeur.
De nouveaux leviers pour attirer les investissements
La transition vers une finance durable s’accompagne de l’émergence de nouveaux instruments innovants. Parmi eux : la green finance, la blended finance et l’impact investing.
« Cette transformation est une opportunité majeure pour la Tunisie », souligne l’intervenant, évoquant la capacité du pays à capter de nouveaux flux d’investissement et à structurer des mécanismes financiers adaptés aux enjeux actuels.
Au-delà des financements, cette dynamique vise également à renforcer la compétitivité des entreprises tunisiennes, désormais confrontées à des standards internationaux de plus en plus exigeants.
Un engagement collectif pour une transformation durable
Mais cette mutation ne pourra se faire sans une mobilisation globale. « Cela nécessite une coordination, une innovation et un engagement collectif », rappelle-t-il.
Dans ce cadre, le rôle des investisseurs évolue. Il ne s’agit plus uniquement de générer de la rentabilité, mais de créer une valeur globale.
« L’investissement doit créer de la valeur économique, mais aussi environnementale et sociale », insiste Mohamed Salah Frad.
Une nouvelle trajectoire pour l’économie tunisienne
En conclusion, cette édition du CSR Power Forum se positionne comme un catalyseur de réflexion et d’action. « Cette journée est une opportunité pour échanger, challenger nos approches et construire des solutions concrètes », conclut-il.
Au-delà des discours, c’est une véritable feuille de route qui se dessine pour la Tunisie : celle d’une économie plus durable, plus inclusive et plus compétitive. La question désormais n’est plus de savoir si cette transformation aura lieu, mais à quelle vitesse et avec quel niveau d’ambition elle sera menée.
