Publié le 28-04-2026
De l’urgence à la salle de cathétérisme : comment ''Najda'' change tout
Le Dr Salem Ben Abdelessalem, spécialiste en cardiologie, a souligné que la plateforme “Najda” est le fruit de trois années de préparation, avant son lancement effectif il y a environ un an. Mise en place par le ministère de la Santé en collaboration avec plusieurs sociétés savantes, cette solution vise à structurer et accélérer le parcours de soins des patients victimes d’infarctus.

Des limites persistantes malgré les moyens disponibles
Malgré une amélioration des infrastructures et l’augmentation du nombre de salles de cathétérisme de 30 à 50, les taux de prise en charge restaient faibles. Les données montraient que seuls 30 % des patients bénéficiaient d’une angioplastie en urgence, tandis que 30 % recevaient uniquement un traitement médicamenteux, moins efficace, et 40 % ne recevaient aucun traitement.
Selon le spécialiste, le problème ne résidait pas dans les moyens mais dans le facteur temps et l’organisation, notamment en raison de l’encombrement des services d’urgence, alors que chaque minute est cruciale dans ce type de pathologie.
“Najda” : un parcours de soins rapide et coordonné
La plateforme “Najda” a introduit une véritable transformation grâce à la numérisation du parcours médical. Dès l’arrivée d’un patient présentant des douleurs thoraciques, un électrocardiogramme est réalisé en moins de 10 minutes, puis les données sont transmises instantanément via la plateforme aux équipes concernées.
Le patient est ainsi orienté directement vers une salle de cathétérisme, sans passer par des étapes d’attente inutiles. L’objectif est de réduire le délai d’intervention à moins de 120 minutes.
Des résultats remarquables en une année
Après un an de mise en œuvre, les indicateurs ont connu une amélioration significative :
-Le taux d’accès à l’angioplastie est passé d’environ 20 % à près de 90 %
-Le recours au traitement médicamenteux a chuté de 30 % à 8 %
-La proportion de patients sans traitement est passée de 40 % à 3,4 %
Plus de 3 000 patients ont été pris en charge via la plateforme, témoignant d’un progrès majeur dans la qualité des soins.
Une équité d’accès aux soins à l’échelle nationale
Parmi les principaux acquis figure la réduction des inégalités régionales. Désormais, tout patient, qu’il soit en milieu urbain ou dans les régions intérieures, peut bénéficier d’un accès équitable aux soins spécialisés grâce à l’interconnexion des établissements de santé.
Une innovation 100 % tunisienne
Le Dr Ben Abdelessalem a insisté sur le fait que “Najda” est une réalisation entièrement tunisienne, conçue par des médecins et ingénieurs tunisiens, sans recours à des solutions importées, ce qui en fait une expérience innovante et inspirante.
Perspectives : intelligence artificielle et hôpital numérique
La prochaine étape consiste à intégrer l’intelligence artificielle, notamment pour interpréter automatiquement les électrocardiogrammes et assister les médecins dans la prise de décision.
Un accès direct pour les citoyens via une application mobile est également prévu, permettant un accompagnement médical à distance. Cette évolution s’inscrit dans un projet plus large, celui de l’hôpital numérique, qui propose des services de télémédecine et de suivi à distance.
Message final : valoriser les compétences tunisiennes
En conclusion, le spécialiste appelle à valoriser les compétences nationales et à renforcer la collaboration entre médecins et ingénieurs. Il affirme que la Tunisie est capable d’offrir des services de santé de haute qualité, malgré des ressources limitées, grâce à l’innovation locale.
L’objectif reste clair : améliorer la prise en charge des citoyens tunisiens, en garantissant des soins efficaces, rapides et équitables sur tout le territoire.
