Publié le 21-04-2026
Près de 18 000 bénéficiaires : les détails du programme de régularisation dévoilés
Dans le cadre de la poursuite du traitement de l’un des dossiers sociaux les plus anciens et les plus complexes en Tunisie, l’expert en droit du travail et en sécurité sociale Hafedh Ammouri a présenté une série de nouvelles mesures relatives à la régularisation de la situation des ouvriers des chantiers, notamment pour la tranche d’âge comprise entre 45 et 55 ans, suite à l’ouverture des inscriptions via la plateforme numérique dédiée, et ce jusqu’au 30 avril 2026.

Un dossier ancien vers une clôture définitive en 2026
Ammouri a souligné que le dossier des ouvriers des chantiers figure parmi les plus anciens en Tunisie, remontant aux années soixante, et qu’il comprend deux catégories : les chantiers agricoles et les chantiers régionaux. Il a précisé que l’État œuvre aujourd’hui à clôturer définitivement ce dossier en 2026, à travers la régularisation des situations en trois phases couvrant les différentes tranches d’âge.
La plateforme numérique : un outil pour garantir la transparence
L’expert a mis en avant le rôle de la plateforme numérique comme mécanisme essentiel pour assurer la transparence et l’égalité des chances. Elle permet notamment aux bénéficiaires de :
-s’inscrire facilement via des étapes simplifiées
-consulter les postes vacants selon les ministères et les délégations
-choisir jusqu’à 10 postes en fonction des compétences et du niveau d’études
-modifier leurs choix avant la clôture des inscriptions
Il a également insisté sur le fait que la plateforme repose sur un système de notation prenant en compte plusieurs critères, tels que l’ancienneté, l’âge, la situation sociale et les diplômes.
Problèmes liés à la répartition géographique des postes
Parmi les principales difficultés évoquées figure le déséquilibre dans la répartition des postes vacants, obligeant certains travailleurs à accepter des affectations dans d’autres délégations ou régions en l’absence d’opportunités dans leur zone d’origine.
Il a également évoqué des cas antérieurs de mauvaise répartition des ressources humaines, comme la présence d’un nombre excessif d’agents dans une même structure, alors que les besoins réels sont limités. La plateforme vise à corriger ces dysfonctionnements grâce à une affectation plus précise selon les besoins réels.
Mécanisme de recours et garanties des droits
Ammouri a confirmé que la plateforme intègre un double mécanisme de recours garantissant les droits des candidats :
-un premier recours après la publication des listes préliminaires
-un second recours après l’annonce des listes définitives
Les autorités compétentes sont tenues de répondre à toutes les contestations, ce qui renforce la crédibilité du processus et limite toute forme de favoritisme.
Les étapes après l’inscription et l’intégration
Après la clôture des inscriptions et l’étude des dossiers, il sera procédé à :
-la publication des listes préliminaires puis définitives
-l’information des candidats retenus de leurs affectations
-leur convocation pour rejoindre leurs nouveaux postes
Ammouri a précisé que l’intégration se fera selon les besoins réels, afin d’assurer une insertion professionnelle efficace, loin de toute forme d’emploi fictif.
Sort des autres catégories d’âge
Concernant les autres tranches d’âge, il a indiqué que :
-les personnes ayant atteint 60 ans bénéficieront d’une pension de retraite ne pouvant être inférieure au salaire minimum, conformément aux décisions présidentielles récentes
-celles ne remplissant pas les conditions de retraite recevront une indemnité de départ ou bénéficieront de mécanismes de protection sociale
Environ 18 000 bénéficiaires concernés
Le nombre des ouvriers concernés dans la tranche d’âge 45 – 55 ans est estimé à environ 18 000 personnes, qui seront intégrées progressivement, en tenant compte de l’évolution du nombre de postes disponibles.
Vers l’élimination de l’emploi précaire
Ces mesures s’inscrivent dans une politique visant à réduire l’emploi précaire et à intégrer les travailleurs dans la fonction publique de manière légale et organisée, tout en garantissant leurs droits sociaux et professionnels.
En conclusion, Ammouri a souligné que la plateforme numérique constitue une expérience avancée en matière de gouvernance, grâce à la transparence et à la précision qu’elle offre, estimant qu’elle pourrait servir de modèle pour d’autres dossiers, notamment celui des diplômés de l’enseignement supérieur.
