Publié le 03-11-2026

La dépression, le trouble psychique le plus répandu en Tunisie

La dépression et les troubles anxieux figurent parmi les troubles psychiques les plus répandus en Tunisie. Leurs taux de prévalence varient selon les tranches d’âge, la nature des troubles et les méthodes utilisées pour les diagnostiquer, a indiqué la docteure Rania Hosni, maîtresse-assistante hospitalo-universitaire en psychiatrie à l’hôpital Razi.



La dépression, le trouble psychique le plus répandu en Tunisie

La spécialiste a précisé que la dépression est le trouble psychique le plus répandu en Tunisie. Elle se manifeste le plus souvent sous forme d’épisodes passagers et temporaires, qui peuvent être traités par des médicaments et par une prise en charge de leurs causes. Elle a toutefois mis en garde contre le risque d’évolution vers une forme chronique lorsqu’elle est liée à des facteurs génétiques.

Comment distinguer la dépression d'une tristesse passagère ?

Selon la spécialiste, la dépression se distingue des fluctuations passagères de l’humeur et du sentiment ordinaire de tristesse. Ces derniers durent moins de 15 jours et leurs symptômes sont moins intenses. La dépression se caractérise, quant à elle, par une perte d’intérêt pour les activités quotidiennes, une tendance à l’isolement et une négligence des soins personnels.

Par ailleurs, Rania Hosni a fait état d’une hausse de 6 % du nombre de consultations à l’hôpital Razi en 2025 par rapport à 2024. Les consultations aux urgences ont également enregistré une augmentation de 9 % au cours de la même période.

Elle a estimé que les facteurs économiques et sociaux, ainsi que le stress et les pressions quotidiennes, comptent parmi les principales causes qui affectent la santé mentale en Tunisie.

Trois nouveaux programmes à l’hôpital Razi

Dans le cadre du développement des services de prise en charge psychologique, la spécialiste a annoncé le lancement de trois nouveaux programmes à l’hôpital Razi. Inspirés de démarches et de programmes internationaux, ils ont été adaptés aux besoins des patients et de leurs familles.

Le premier programme, baptisé « Hkeyet Mezej » (Histoire d’humeur), s’adresse aux personnes atteintes de troubles bipolaires. Il vise à les aider à mieux comprendre leurs fluctuations de l’humeur et à développer des méthodes leur permettant de les maîtriser et d’y faire face.

Le deuxième programme, intitulé « Ala Bekri » (Dès le début), est destiné aux personnes ayant vécu un premier épisode de trouble psychique sévère. Il vise à les aider à comprendre leur expérience psychologique, à les accompagner tout au long de leur parcours de soins et à favoriser leur adhésion au suivi thérapeutique.

Le troisième programme, baptisé « Familia » (Famille), est destiné aux proches des patients. Il a pour objectif de les aider à mieux comprendre les troubles psychiques de leurs proches, à améliorer la communication avec eux et à développer des méthodes adaptées à leurs besoins.

La santé mentale est aussi importante que la santé physique

Rania Hosni a appelé à accorder à la santé mentale la même importance qu’à la santé physique, soulignant que les deux sont étroitement liées et indissociables pour parvenir à un équilibre global.

Elle a rappelé que la santé mentale peut avoir des répercussions sur la santé physique, les relations sociales, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que sur la qualité de vie en général.

La spécialiste a insisté sur l’importance de consulter un professionnel de la santé mentale dès l’apparition d’une souffrance psychologique ou de difficultés affectant la vie quotidienne. Elle a souligné que consulter un psychiatre ne doit pas être une source de honte, mais plutôt une démarche vers le traitement, au même titre que la consultation de tout autre médecin.

Elle a également mis en avant l’importance des consultations psychologiques régulières, qui permettent de repérer les troubles et d’intervenir précocement, afin d’aider les personnes avant que leur état ne s’aggrave. Les personnes présentant un risque accru de troubles psychiques doivent être orientées vers des psychiatres ou des psychologues pour bénéficier d’une prise en charge dans les meilleurs délais.



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