Publié le 04-10-2026
Dette, déficit, dinar… à quoi faut-il s’attendre en Tunisie en 2027 ?
Selon l’analyste financier Bassem Ennifer, la Tunisie devrait disposer d’une marge de manœuvre plus importante en 2027 par rapport aux trois années précédentes, notamment grâce à une baisse attendue de la pression liée au remboursement de la dette.

Le service de la dette en baisse
L’analyste financier a indiqué que le service de la dette publique en 2027 devrait être inférieur à celui de 2026, et se rapprocher des niveaux enregistrés en 2023. Il devrait se situer autour de 20 milliards de dinars.
Une année difficile pour les finances publiques
Bassem Ennifer a expliqué que la préparation du projet de loi de finances et du budget de l’État pour 2027 intervient après une année difficile pour les finances publiques, notamment en raison de la hausse des prix des hydrocarbures liée aux tensions géopolitiques mondiales, qui a pesé sur le coût des subventions énergétiques en Tunisie.
L’analyste s’attend ainsi à ce que les dépenses consacrées aux subventions en 2027 dépassent celles prévues dans le budget 2026, compte tenu de l’évolution des hypothèses relatives aux prix internationaux.
Le prix du pétrole et les subventions sous surveillance
Bassem Ennifer estime que la Tunisie pourrait retenir, pour 2027, un prix du baril de Brent supérieur à celui pris en compte dans les hypothèses du budget 2026. Il prévoit également une hausse des dépenses de subvention, notamment en raison du maintien des prix mondiaux des matières premières, dont le blé, à des niveaux élevés.
Le dinar devrait rester stable
Concernant le taux de change, l’analyste financier prévoit une stabilité du dinar tunisien en 2027, estimant qu’il n’existe actuellement pas de risques majeurs pesant sur la monnaie nationale.
Un déficit budgétaire inférieur à 6 %
Bassem Ennifer prévoit également que le déficit budgétaire pourrait passer sous la barre des 6 % en 2027, contre 6,4 % attendus pour l’ensemble de l’année 2026. Son financement devrait principalement reposer sur les ressources propres et le recours à l’emprunt intérieur, dans un contexte marqué par des difficultés d’accès au financement extérieur.
Pas de nouvelles taxes en 2027 ?
En matière fiscale, l’analyste financier estime que le projet de loi de finances 2027 ne devrait pas introduire de nouvelles taxes ou mesures fiscales majeures. Des incitations fiscales pourraient toutefois être orientées vers les secteurs considérés comme prioritaires et prometteurs par l’État.
Vers une amélioration de l’investissement public
Enfin, Bassem Ennifer s’attend à une amélioration de l’investissement public en 2027, notamment à travers la mise en œuvre des projets inscrits dans le plan quinquennal de développement. Il estime toutefois que le volume des financements publics consacrés à ces investissements restera limité.
