Publié le 22-09-2026

Inclusion financière : seulement 18 % des jeunes ont un compte bancaire

Une étude de terrain consacrée à l’inclusion financière des femmes et des jeunes en Tunisie a révélé d’importantes disparités dans l’accès aux services financiers, notamment dans les sept gouvernorats concernés par l’étude : Gabès, Médenine, Tataouine, Kébili, Gafsa, Tozeur et Kairouan.



Inclusion financière : seulement 18 % des jeunes ont un compte bancaire

La responsable du Programme de croissance inclusive et de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Nadia Gouta, a présenté, mardi 22 septembre 2026 dans l’émission « Expresso », les résultats de cette étude menée auprès de 1 457 femmes et 1 169 jeunes.

18 % seulement des jeunes disposent d’un compte bancaire

L’étude montre que 18 % seulement des jeunes interrogés disposent d’un compte bancaire, tandis que 70 % ne possèdent aucun compte auprès d’un autre service financier.

Elle révèle également que les sept gouvernorats étudiés, qui représentent plus de la moitié du territoire tunisien, comptent un peu plus de 200 agences bancaires, alors que la Tunisie en compte plus de 2 000 à l’échelle nationale.

Nadia Gouta a indiqué que 35 % des étudiants estiment ne pas être concernés par les services financiers, tandis que 23 % des jeunes sans emploi vivent une situation de vulnérabilité économique et financière et considèrent également que le système financier ne les concerne pas.

Le paiement en espèces reste largement privilégié

L’étude révèle que 98 % des jeunes interrogés font confiance aux transactions en espèces, contre 50 % qui déclarent avoir confiance dans les comptes numériques et les services en ligne.

Par ailleurs, 66 % des jeunes qui font confiance aux comptes numériques et à Internet estiment qu’il n’est pas nécessaire de se déplacer dans les agences bancaires ou les bureaux de poste pour accéder aux services financiers.

Les femmes se tournent davantage vers les bureaux de poste

Concernant les femmes à faibles revenus, l’étude montre que 35 % disposent d’un compte bancaire, tandis que 50 % d’entre elles se rendent dans les bureaux de poste pour accéder aux services financiers.

Seules 18 % des femmes interrogées disposent d’un compte auprès d’une institution financière formelle, alors que 98 % privilégient les transactions en espèces, notamment parce qu’environ la moitié d’entre elles perçoivent leurs revenus en liquide.

L’assurance reste presque inexistante

Nadia Gouta a également indiqué que l’accès à l’assurance reste très limité dans les sept gouvernorats concernés par l’étude, avec un taux de seulement 0,2 %.

Une faible connaissance des services d’accompagnement

L’étude révèle par ailleurs que 81 % des personnes interrogées ne connaissent pas les services d’accompagnement non financier. Parmi les bénéficiaires de ces services, 48 % cherchent principalement à accéder à une formation technique et professionnelle.

La responsable du programme a souligné que l’accès à ces services dépend notamment de la présence locale de centres de formation, de bureaux de l’emploi, des administrations concernées et des institutions de microfinance.



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