Publié le 17-07-2026

Coupures d'électricité en Tunisie : combien coûtent-elles réellement à l'État ?

L’économiste spécialisé en modélisation des risques environnementaux, Hazem Krichen, a affirmé ce vendredi 17 juillet 2026 que la demande d’électricité en Tunisie a enregistré une hausse importante ces dernières semaines, atteignant environ 30 %, notamment durant les heures de pointe entre 13h et 17h.



Coupures d'électricité en Tunisie : combien coûtent-elles réellement à l'État ?

Intervenant dans l’émission « Expresso », Krichen a expliqué que cette augmentation a porté la demande globale d’électricité à près de 5 000 mégawatts, alors que la capacité de production de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) s’élève à environ 4 630 mégawatts.

Un déficit de production et des coupures tournantes pour éviter l’effondrement du réseau

L’expert a indiqué que l’écart entre la demande et la production atteint environ 400 mégawatts, précisant qu’une partie de ce déficit peut être couverte grâce à l’approvisionnement en électricité depuis l’Algérie.

Il a souligné que la STEG a été contrainte de recourir aux coupures tournantes comme mesure préventive afin d’éviter un effondrement du système électrique national et une coupure générale de courant, connue sous le nom de « Blackout ».

Des coupures au coût économique élevé

Hazem Krichen a précisé que cette mesure, malgré son importance pour préserver la stabilité du réseau, engendre un coût économique élevé. Il a expliqué que le produit intérieur brut de la Tunisie s’élève à environ 160 milliards de dinars par an, tandis que la production électrique atteint près de 19,3 térawattheures.

Selon lui, chaque kilowattheure non consommé dans le circuit économique peut entraîner une perte estimée entre 4 et 5 dinars, en raison de son impact sur l’activité économique, la production et les services.

Des pertes qui pourraient atteindre des dizaines de millions de dinars

L’expert a indiqué que la STEG cherche à économiser environ 250 mégawatts grâce aux coupures tournantes, à raison de deux heures par jour.

Si la vague de chaleur se poursuit pendant cinq jours au même rythme, le coût économique pourrait atteindre environ 12,5 millions de dinars.

En revanche, si les coupures se prolongent jusqu’à quatre heures par jour pendant dix jours, les pertes pourraient dépasser 50 millions de dinars, en raison de l’énergie non fournie aux consommateurs et des perturbations de l’activité économique.

Une hausse exceptionnelle de la consommation en période estivale

Hazem Krichen a également indiqué que l’atteinte du seuil de 5 000 mégawatts représente une augmentation d’environ 1 150 mégawatts par rapport aux niveaux habituels.

Il a expliqué que cette forte pression sur le réseau est principalement liée aux températures élevées et à l’utilisation massive des climatiseurs durant les heures de pointe.

Il a enfin rappelé que le coût des coupures d’électricité ne se limite pas à la valeur de l’énergie non consommée, mais comprend également des répercussions indirectes sur l’économie, pouvant être trois à quatre fois supérieures au coût direct, en raison de leurs impacts sur les entreprises, les services et l’activité économique.



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