Publié le 18-06-2026

Violences sexuelles : une association tunisienne alerte sur l'ampleur du silence des victimes

Arij Jelassi, directrice du projet de lutte contre les violences sexuelles au sein de l’association Aswat Nissa, a annoncé ce mercredi 17 juin 2026 le lancement d’un guide de prise en charge des femmes victimes de violences sexuelles.



Violences sexuelles : une association tunisienne alerte sur l'ampleur du silence des victimes

Un outil destiné aux intervenants de première ligne

Dans une intervention sur l’émission Le Mag Express, Arij Jelassi a précisé que ce guide s’adresse principalement aux acteurs de première ligne, notamment les travailleurs des centres d’hébergement, des cellules spécialisées, des associations et des structures en contact direct avec les victimes de violences sexuelles.

L’objectif est d’harmoniser les procédures et de fournir un référentiel pratique pour améliorer la prise en charge des survivantes.

Une spécificité marquée des violences sexuelles

Elle a souligné que les violences sexuelles présentent une spécificité par rapport aux autres formes de violence, en raison notamment de la stigmatisation sociale qui pousse de nombreuses femmes au silence et à la non-dénonciation, malgré les conséquences psychologiques et sociales graves.

Selon les dernières études nationales, ce type de violence représente 15,6 % des cas et se classe au deuxième rang après les violences morales en Tunisie.

L’importance du signalement rapide

Arij Jelassi a insisté sur l’importance du signalement immédiat des cas de violences sexuelles, particulièrement dans les premières heures suivant l’agression, afin de protéger la victime et de garantir ses droits juridiques et sanitaires.

Elle a également appelé les femmes à recourir aux structures spécialisées, notamment le centre “Najia”, créé par Aswat Nissa, premier centre dédié à la prise en charge globale des victimes de violences sexuelles (juridique, psychologique et sociale).

Résultats d’une enquête spécialisée

Elle a présenté les principaux résultats d’un questionnaire réalisé dans le cadre de l’élaboration du guide, auprès de 13 associations et 44 intervenants travaillant directement avec les victimes.

Elle a précisé que cette enquête ne s’adressait pas au grand public, mais aux professionnels du secteur.

Un cadre légal avancé mais insuffisamment appliqué

Enfin, Arij Jelassi a rappelé que la Tunisie dispose d’un cadre juridique avancé, notamment la loi organique n°58 de 2017 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Le principal problème reste toutefois le manque d’application effective sur le terrain et l’insuffisance des moyens de mise en œuvre.

Elle a appelé à passer du diagnostic et des recommandations à une mise en œuvre concrète garantissant la protection des femmes dans tous les espaces.



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