Publié le 13-05-2026
Plus de 43% des entreprises exclues du financement bancaire : alerte d’Aram Belhadj
Banque centrale de Tunisie :
L’économiste Aram Belhadj est revenu sur l’annonce du gouverneur de la BCT, Fathi Zouhair Nouri, concernant la création d’un groupe de travail placé sous l’égide du Conseil bancaire et financier, chargé d’élaborer une feuille de route opérationnelle dans un délai d’un mois afin de renforcer le financement de l’économie.

Objectif de la réforme :
Cette initiative vise à définir des engagements précis pour le secteur bancaire, avec pour ambition de soutenir les petites et moyennes entreprises (PME), jugées essentielles au tissu économique tunisien, et de donner un nouvel élan au financement de l’économie nationale.
Accès difficile au crédit :
Selon Aram Belhadj, les PME rencontrent de fortes difficultés d’accès au financement bancaire. Il estime qu’environ 43,75 % des entreprises font face à une exclusion bancaire, tandis qu’une large part souffre de contraintes de financement, dans un contexte marqué par un taux élevé de créances non remboursées.
Poids des créances et orientation des banques :
L’économiste souligne que les créances impayées peuvent atteindre jusqu’à 26 % dans certains cas, contre une moyenne d’environ 14 %. Il note également une orientation croissante des banques vers le financement du budget de l’État au détriment du secteur productif.
Respect du cadre légal :
Belhadj affirme que certaines banques ne respectent pas pleinement le Code de commerce, notamment l’obligation d’allouer 8 % des bénéfices nets au financement des PME et les dispositions relatives au rééchelonnement des crédits de longue durée.
Solutions proposées :
L’économiste appelle la BCT à renforcer l’application des lois en vigueur et à encourager de nouveaux mécanismes de financement, tels que le credit scoring, la réduction de l’exposition des banques au financement du Trésor public, ainsi que la simplification des procédures administratives et une baisse du taux directeur.
