Publié le 17-02-2012

Moncef Ben Salem s’oppose à l’exercice des activités politiques dans les universités

L’université, une destination quotidienne de plusieurs milliers d’étudiants ayant une soif immense pour la culture, les savoirs, les sciences… Ces lieux destinés essentiellement pour inculquer l’être humain sont devenus des autels où les étudiants se disputent les idées et les idéaux politiques. 



Moncef Ben Salem s’oppose à l’exercice des activités politiques dans les universités

Ayant été, par l’époque de Ben Ali, une fosse aux lions pour les étudiants partisans du RCD dissous, l’université ne semble guère changer d’habit. Suite aux élections, c’est au tour des étudiants islamistes de prendre la relève. Longtemps victimes de discrimination sous le règne de Ben Ali, ces derniers, partisans du parti vainqueur des élections, ont déclaré mercredi la création de la section estudiantine d’Ennahdha au campus universitaire de Tunis pour marcher dans les pas de leurs anciens rivaux !

Les membres de cette section estudiantine ont organisé une manifestation à la cour de la faculté des sciences de Tunis pour l’annonce de  la création de leur mouvement estudiantin et ce en la présence d’une centaine d’étudiants ainsi qu’un groupe de la section estudiantine relative au mouvement de la résistance islamiste HAMAS. 

Cette manifestation a, en effet, suscité plusieurs protestations de la part des professeurs qui ont fortement contesté l’émergence de mouvements estudiantins de vocation politique. D’ailleurs si l’on revient sur les revendications des étudiants de la section estudiantine d’Ennahdha lesquelles se résument en la réalisation des objectifs de la révolution, l’enracinement de l’identité arabo-islamique au sein de l’université, la construction d’un environnement universitaire pluraliste et l’enrichissement de l’espace politique et culturel et l’engagement à soutenir les révolutions arabes et à soutenir la cause palestinienne ; on remarque, sur le champ, le volet politique de ce mouvement estudiantin.

Dans ce même contexte, Mme Monia Bechikh secrétaire générale du syndicat de base des enseignants chercheurs de la faculté des sciences de Tunis a déclaré, dans un communiqué, que le syndicat souligne la nécessité de préserver l’impartialité des établissements universitaires et de les maintenir à l’écart des altercations politique.

Par ailleurs le syndicat a dénoncé les divergences des propos du ministre de l’enseignement supérieur concernant cette affaire. Bien qu’il ait déclaré son opposition à l’usage des universités pour la promotion des idéaux politiques ou religieux, il n’a pas pris les mesures nécessaires pour mettre fin aux agissements des membres de la section estudiantine d’Ennahdha au sein de la faculté.  

Et à ce propos, le ministre de l’enseignement supérieur s’est prononcé sur l’affaire, aujourd’hui sur les ondes de radio Mosaïque FM, pour condamner la manifestation qui s’est tenue sans autorisation du doyen de la faculté, et exprimer son opposition quant à l’usage des établissements universitaires pour des activités d’ordre politique et peu importe l'orientation politique.


J.Nadiya
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