Publié le 06-03-2018

Une Népalaise honorée pour avoir libéré 12.000 esclaves sexuelles

Une Népalaise âgée de 67 ans va se voir décerner l'une des plus hautes récompenses civiles indiennes pour avoir sauvé 12.000 fillettes transformées en esclaves sexuelles.



Une Népalaise honorée pour avoir libéré 12.000 esclaves sexuelles

Anuradha Koirala, fondatrice de l'association Maiti Nepal, qui lutte contre ce trafic, recevra la Padma Shri des mains du président indien Pranab Mukherjee lors d'une cérémonie en mars ou avril.

"A sauvé et réhabilité 12.000 victimes du trafic sexuel et empêché 45.000 autres d'en être victimes", peut-on lire sur le site du Premier ministre Narendra Modi consacré aux noms et aux réalisations de certains des lauréats de la Padma Shri.

"C'est la douleur des victimes qui m'a persuadée de poursuivre ce travail", a déclaré Anuradha Koirala à Reuters.
"Quand je vois leur douleur, mentale aussi bien que physique, c'est tellement troublant que je ne peux pas rester indifférente. Cela me donne la force de combattre et d'éradiquer ce fléau."

L'Asie du Sud est l'une des régions du monde où le trafic d'êtres humains se développe le plus rapidement, d'après l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime.

Les militants qui luttent contre l'esclavage expliquent que des milliers de personnes au Népal ou au Bangladesh, majoritairement les habitants des villages les plus pauvres, sont vendues en Inde par des bandes criminelles.

De nombreuses femmes ou filles sont vendues à des maisons closes. D'autres se retrouvent domestiques ou travaillent dans des briqueteries, des restaurants routiers ou des ateliers de textile.

L'Inde abrite 40% des quelques 46 millions d'esclaves dans le monde, selon le Global Slavery Index 2016 établi par la fondation Walk Free, basée en Australie.

Anuradha Koirala a quitté son métier d'enseignante en 1993 pour fonder Maiti, qui signifie maison maternelle en népalais, afin de venir en aide aux victimes de l'esclavage sexuel.

En vingt-quatre ans, Maiti Nepal a créé un refuge à Katmandou, onze maisons de transit à la frontière népalo-indienne, trois centres de prévention, deux hôpitaux et une école qui accueille un millier d'élèves.
 


Reuters