Publié le 06-11-2026

Cyberattaques : 2027 pourrait être une année particulièrement dangereuse pour les banques

L'expert international en transformation numérique, Aymen Ben Slimane, a mis en garde contre la recrudescence des cyberattaques en 2027, notamment celles visant les banques et les institutions financières, dans un contexte marqué par le développement rapide de l'intelligence artificielle et l'apparition de nouvelles techniques de piratage de plus en plus sophistiquées.



Cyberattaques : 2027 pourrait être une année particulièrement dangereuse pour les banques

Intervenant sur les ondes de la Radio Nationale Tunisienne, dans l'émission « Youm Saïd », Aymen Ben Slimane a expliqué que les cyberattaques ne se limitent plus aux entreprises commerciales et aux grandes surfaces, mais ciblent désormais les banques et les institutions financières. Il a notamment évoqué une récente attaque informatique contre une banque régionale en France, qui a permis à des pirates d'effectuer des opérations et des transferts financiers frauduleux dépassant les 100 millions d'euros.

L'intelligence artificielle rend les cyberattaques plus dangereuses

L'expert a souligné que l'évolution des techniques de piratage, conjuguée au développement de l'intelligence artificielle, notamment de l'IA agentique, facilite les opérations des cybercriminels et rend leurs attaques plus complexes et plus dangereuses pour les institutions financières et les économies mondiales.

Il a également évoqué plusieurs opérations de piratage de grande ampleur survenues récemment dans le monde, notamment celle ayant visé la plateforme Binance, faisant état de sommes considérables dérobées, dépassant, selon ses déclarations, les 6 milliards de dollars. Ces opérations ont également eu des répercussions sur la confiance accordée aux cryptomonnaies.

Aymen Ben Slimane estime que les indicateurs actuels laissent présager que l'année 2027 pourrait être marquée par une multiplication des cyberattaques. Il a précisé que certaines de ces opérations sont menées par des réseaux criminels organisés et pourraient également être liées à des groupes soutenus par des États, citant notamment des groupes nord-coréens.

Les banques tunisiennes sont-elles suffisamment protégées ?

Interrogé sur le niveau de préparation des banques et des institutions financières tunisiennes face à ces risques, l'expert a indiqué qu'il est aujourd'hui difficile d'affirmer qu'une institution financière est suffisamment protégée, que ce soit en Tunisie ou dans le reste du monde.

Il a expliqué que l'évolution rapide de l'intelligence artificielle, en particulier de l'IA agentique, n'a pas laissé suffisamment de temps aux experts et aux institutions pour adapter leurs infrastructures numériques et suivre le rythme de ces transformations technologiques.

Il a insisté sur la nécessité pour les institutions, et particulièrement les gouvernements, de mettre en place des programmes spécialisés en cybersécurité et de faire appel à des entreprises et à des experts du secteur afin de protéger leurs systèmes et leurs données. Les gouvernements détiennent en effet des informations importantes concernant les citoyens et les différentes administrations.

Il a ajouté que les données peuvent parfois représenter un enjeu plus important que l'argent et les devises, ce qui rend leur protection contre les cyberattaques particulièrement essentielle.

Des failles humaines à l'origine de cyberattaques majeures

Aymen Ben Slimane a également rappelé que les cyberattaques ne résultent pas nécessairement de failles technologiques complexes. Les erreurs humaines peuvent elles aussi constituer une porte d'entrée pour les pirates informatiques.

À ce sujet, il a cité le cas d'une entreprise spécialisée dans les cryptomonnaies, dont l'un des ingénieurs aurait reçu une fausse proposition d'emploi en ligne. Il lui aurait été demandé d'ouvrir un fichier dans le cadre d'un test professionnel, alors que celui-ci contenait un logiciel malveillant. Ce dernier aurait permis aux pirates d'accéder à ses comptes, puis à ceux des clients, et d'effectuer des transferts de cryptomonnaies vers d'autres comptes.

L'expert a expliqué que ce type d'opération repose notamment sur des techniques de phishing. Cet exemple souligne l'importance de former et de sensibiliser les employés et les ingénieurs aux risques liés aux liens et aux fichiers suspects, tout en renforçant la sécurité des infrastructures numériques des institutions financières.



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