Publié le 29-07-2026
Hamdi Hachad : Pourquoi certaines maisons tunisiennes deviennent-elles de véritables fours en été ?
Le spécialiste des questions climatiques Hamdi Hachad appelle à ouvrir un débat sérieux en Tunisie autour du concept de « justice thermique » (Heat Equity), notamment après les vagues de chaleur qui ont marqué le pays durant l’été 2026. Il souligne que tous les Tunisiens ne vivent pas les effets de la chaleur de la même manière.

Face à la chaleur, tous les Tunisiens ne sont pas égaux
Dans une publication, Hamdi Hachad explique que certaines personnes vivent dans des logements bien isolés thermiquement, équipés de climatiseurs et disposent des moyens financiers nécessaires pour supporter les factures d’électricité. D’autres familles, en revanche, vivent dans des quartiers populaires et dans des logements dépourvus d’isolation thermique.
Dans certains logements, les toits et les murs absorbent et stockent la chaleur tout au long de la journée et ne parviennent pas à refroidir suffisamment durant la nuit, notamment lors des nuits tropicales, lorsque les températures restent élevées. Dans certains cas, la température à l’intérieur des habitations peut ainsi devenir plus dangereuse que celle enregistrée à l’extérieur.
La chaleur devient une question de justice sociale
Selon Hamdi Hachad, la hausse des températures n’est plus seulement un phénomène climatique, mais devient également une question de justice sociale, puisque tous les citoyens ne disposent pas des mêmes moyens pour s’adapter aux vagues de chaleur.
Il souligne également que la crise électrique qu’a connue la Tunisie durant l’été 2026 a mis en évidence la vulnérabilité de milliers de familles qui ne disposent d’aucune solution alternative en cas de coupure d’électricité ou lorsque le coût de la climatisation dépasse leurs capacités financières.
Qu’est-ce que la justice thermique ?
Le concept de Heat Equity, ou justice thermique, consiste à garantir à tous les citoyens une protection contre les risques liés aux fortes chaleurs. La capacité à faire face aux vagues de chaleur ne devrait donc pas être un privilège réservé à ceux qui en ont les moyens financiers, mais un droit accessible à tous, indépendamment du quartier où ils vivent ou de leur niveau de revenu.
Des solutions qui vont au-delà de la climatisation
Hamdi Hachad estime que ces défis nécessitent la mise en place de nouvelles politiques, notamment à travers des programmes nationaux d’isolation thermique des logements populaires, le développement de la végétalisation et de l’ombrage dans les quartiers les plus exposés à la chaleur, ainsi que l’utilisation de matériaux de construction absorbant moins la chaleur.
Il propose également la mise en place de centres de rafraîchissement publics (Cooling Centers) pendant les vagues de chaleur, ainsi que l’intégration du concept de justice thermique dans les politiques de logement, d’énergie et d’aménagement urbain.
« La climatisation ne peut pas être la seule solution »
Le spécialiste des questions climatiques estime que le changement climatique ne provoque pas uniquement une hausse des températures, mais révèle également les inégalités sociales existantes. Il met en garde contre le risque de voir augmenter le nombre de personnes incapables de s’adapter aux nouvelles conditions climatiques en Tunisie si cette question n’est pas prise en charge rapidement.
Hamdi Hachad conclut que la principale leçon de l’été 2026 est que la climatisation ne peut pas être la seule solution. La véritable réponse doit commencer par la ville, les méthodes de construction et la mise en place de politiques garantissant une répartition équitable de la protection contre la chaleur.
