Publié le 29-07-2026

Pourquoi les investisseurs vendent-ils leurs actions bancaires en Tunisie ?

Le professeur d’économie Ridha Chkoundali a estimé que la forte baisse enregistrée par la Bourse de Tunis constitue un indicateur préoccupant, mettant en garde contre les conséquences possibles sur le secteur bancaire et l’économie nationale si la situation d’incertitude persiste.



Pourquoi les investisseurs vendent-ils leurs actions bancaires en Tunisie ?

 

 

Une hausse de la Bourse qui ne reflétait pas une reprise économique

Selon Ridha Chkoundali, la performance positive enregistrée par la Bourse au cours des derniers mois, ainsi que l’augmentation des volumes d’échanges jusqu’à la mi-juillet 2026, ne résultaient pas d’une amélioration de l’activité économique ou d’une hausse des investissements, mais principalement des bénéfices réalisés par les banques grâce au financement de l’État à travers les souscriptions aux bons du Trésor.

Le financement du secteur privé en recul

L’économiste a souligné que le recours croissant des banques au financement public a réduit les crédits destinés aux entreprises privées. Cette situation a affecté l’investissement et contribué à augmenter le coût de financement pour plusieurs sociétés, dans un contexte marqué par une disponibilité limitée des liquidités.

Les nouveaux crédits changent les perspectives des investisseurs

Ridha Chkoundali considère que la décision d’allouer 8 % des bénéfices des banques au financement de crédits d’honneur sans intérêts ni garanties, ainsi que la nouvelle réglementation sur les chèques, ont poussé les investisseurs à revoir leurs anticipations concernant l’avenir du secteur bancaire, avec des attentes de baisse des bénéfices et d’augmentation des risques liés à ces financements.

Une vague de ventes touche les actions bancaires

Il a expliqué que ces facteurs ont encouragé plusieurs investisseurs à vendre leurs actions bancaires afin de protéger leurs placements et de réaliser leurs gains, entraînant une baisse de l’indice Tunindex de plus de 3 %, avec l’activation du mécanisme d’arrêt automatique des échanges.

Un appel à plus de stabilité réglementaire

Ridha Chkoundali a insisté sur le fait que la multiplication des changements législatifs et la pression fiscale pourraient affecter négativement la confiance des investisseurs locaux et étrangers. Selon lui, cette situation pourrait également pousser les banques à durcir les conditions d’octroi des crédits, limitant ainsi l’investissement et pesant sur la croissance économique dans les prochains mois.

 

 

 



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