Publié le 28-07-2026

Pourquoi le poulet pourrait coûter plus cher ? Les éleveurs alertent

La Chambre nationale des commerçants de volailles et des viandes blanches a appelé à une révision urgente des prix de vente des produits avicoles à tous les niveaux, de la production à la distribution et au détail, afin de limiter les pertes financières subies par les professionnels ces dernières semaines.



Pourquoi le poulet pourrait coûter plus cher ? Les éleveurs alertent

Le président de la chambre, Ibrahim Nafzaoui, a indiqué, dans une déclaration à l’émission « Mennek Nesmaa » sur Diwan FM, que le secteur avicole connaît une baisse de production estimée à près de 50 %, en raison de l’impact direct des fortes vagues de chaleur et des coupures répétées d’électricité, qui ont perturbé l’activité des éleveurs et des producteurs.

Une proposition pour revoir les prix du poulet
La chambre a proposé une révision des tarifs afin de les fixer à environ 5 100 millimes pour le poulet vif, 8 000 millimes dans les abattoirs, avec un prix de vente au consommateur ne dépassant pas 9 100 millimes. Selon les professionnels, cette mesure est nécessaire pour préserver l’équilibre du secteur et garantir la continuité de l’approvisionnement.

Ibrahim Nafzaoui a précisé que les prix actuels d’intervention, fixés à 5 300 millimes pour le poulet vif et 7 500 millimes pour le poulet prêt à cuire, ne couvrent pas le coût réel de production, ce qui entraîne des pertes pour les différents acteurs de la filière.

Des inquiétudes concernant la filière des œufs de consommation
Concernant le secteur des œufs de consommation, le président de la chambre a appelé le ministère des Finances à fournir les liquidités nécessaires au groupement professionnel commun afin de lui permettre d’absorber la production, mettant en garde contre les difficultés financières qui pourraient pousser certains producteurs à abandonner leur activité.

Il a également souligné que la vente de quatre œufs à 500 millimes ne permet pas de couvrir les coûts de production, affirmant que l’effondrement de la filière des œufs serait difficile à compenser, car sa reconstruction nécessiterait plusieurs années en cas de fermeture des exploitations.

Une production nationale insuffisante face aux besoins du marché
La production nationale de viandes de volaille a chuté à environ 8 000 tonnes, contre 16 000 tonnes programmées, alors que les besoins du marché tunisien se situent entre 13 000 et 14 000 tonnes.

Selon Ibrahim Nafzaoui, cette baisse s’explique par les effets du système des « taïbats » appliqué auparavant, mais aussi par les températures record et les coupures d’électricité répétées. Cette situation a poussé plusieurs commerçants de détail à fermer leurs magasins, par crainte de la détérioration des viandes et des pannes des équipements de réfrigération.

Des réunions réclamées pour sauver le secteur
La Chambre nationale des commerçants de volailles et des viandes blanches a appelé à l’organisation de réunions réunissant producteurs, fournisseurs et commerçants de détail, sous la supervision des autorités, afin de fixer des marges bénéficiaires équitables et de lutter contre le phénomène de l’abattage clandestin qui affecte l’équilibre du secteur.



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