Publié le 25-01-2010

Jacques Martin, le créateur d’Alix l'intrépide n'est plus

Jacques Martin, le créateur d’Alix s’est éteint, le 21 janvier 2010, à 88 ans. Un géant de la bande dessinée, encore appelée 9e Art. Un dessinateur qui se voulait d’abord un infatigable scénariste.



Jacques Martin, le créateur d’Alix l'intrépide n'est plus

Jacques Martin, le créateur d’Alix s’est éteint, le 21 janvier 2010, à 88 ans. Un géant de la bande dessinée, encore appelée 9e Art. Un dessinateur qui se voulait d’abord un infatigable scénariste.


Avec l’auteur du "Spectre de Carthage" disparaît le dernier grand représentant de l’école dite "de Bruxelles", formée autour d’Hergé à la fin des années 40, à l’heure de la création de l’hebdomadaire "Tintin" : pendant quelque vingt ans, il en sera l’un des auteurs les plus admirés, ses récits passionnant leurs innombrables lecteurs. Au fil du temps, Jacques Martin est devenu un auteur culte - aux plus de quinze millions d’albums vendus, traduits dans une vingtaine de pays.

 

Français, Jacques Martin fit toute sa carrière artistique en Belgique, où il vivait dans le Brabant wallon. Ce n’est qu'en 1948 que sa carrière commencera vraiment : dans le journal "Tintin", paraît la première planche d’"Alix l’intrépide", jeune Gaulois du temps de Jules César. Un héros vient de naître, appelé au plus durable succès. Dans le deuxième volet des aventures d’Alix, "Le sphinx d’or", prépublié à partir de décembre 49, apparaissent deux personnages clé de la saga : Enak - qui deviendra l’inséparable jeune compagnon du blond héros - et l’impitoyable Arbacès.

 

Vibrant alliage de rigueur et de sensibilité, ce grand scénariste n’aurait pu imaginer, à ses débuts, qu’il sensibiliserait à l’Egypte, à Carthage et à la Rome de l’Antiquité d’innombrables jeunes : bien des vocations d’historiens furent suscitées par la simple lecture des aventures d’Alix...  

 

Jacques Martin s’appuyait sur une monumentale documentation, mais son souci d’exactitude ne s’exerça cependant jamais au détriment de l’émotion chez celui en qui l’on ne peut que saluer un authentique romancier, dont la saga des "Alix" se teinte d’autant de tumulte que de sensualité.  Dessinateur, Jacques Martin, on l’a dit, se voyait prioritairement scénariste; pour lui, les récits coulaient de source, résultant d’une imagination dont la fécondité plongeait Hergé dans l’admiration.

 

Ce qui frappait ceux qui travaillaient avec lui, c’était la prodigieuse énergie qui se dégageait de ce perfectionniste, bourreau de travail, chantre d’une Antiquité méditerranéenne dont il était éperdument épris, un des maîtres incontestés de son art, un inconditionnel amoureux du passé, qui lisait et relisait avec délectation le "Salammbô" de Flaubert.

 

Comme le dit le quotidien la Libre Belgique : « Qu’Alix et Enak l’accompagnent pour sa traversée des eaux du silence. Sous un soleil perlant des larmes d’or. »


Vingt-cinq titres des aventures d’Alix  ont paru aux Editions Casterman et sont disponibles à la Médiathèque de la Délégation Wallonie-Bruxelles. N’hésitez pas à venir les lire, rue du Premier Juin 55 ter, Tunis-Belvédère ! Mais vous pouvez aussi vous les procurer dans les bonnes librairies du pays.

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