Publié le 06-03-2018

Un évêque arrêté dans une enquête sur la banque du Vatican

Trois hommes, dont l'évêque de Salerne qui fait partie du Saint-Siège, ont été mis en détention sur des soupçons de fraude et corruption. La police financière s'intéresse au transfert de 20 millions d'euros en liquide de Suisse vers l'Italie.



Un évêque arrêté dans une enquête sur la banque du Vatican

Un prélat du Saint-Siège soupçonné de blanchiment d’argent et de corruption a été arrêté vendredi par la police italienne, dans le cadre d’une enquête plus vaste sur la banque du Vatican, l’IOR, dans la ligne de mire du pape François.

Mgr Nunzio Scarano, 61 ans, un prêtre qui a gagné le titre honorifique de «monseigneur» en raison de son ancienneté au Saint-Siège, travaillait à l’Administration du patrimoine du siège apostolique (APSA), l’organisme qui gère les biens du Saint-Siège. Interrogé par l’AFP, le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, a indiqué que le prélat avait été suspendu «depuis environ un mois, quand ses supérieurs ont su qu’il était sous enquête». Le Saint-Siège a aussi assuré la justice italienne de sa «pleine collaboration».

Deux autres personnes ont été arrêtées dans cette affaire, un sous-officier membre des services de contre-espionnage italiens et un intermédiaire financier. Nello Rossi, procureur du parquet de Rome, a indiqué à la presse que les trois hommes avaient tenté de rapatrier depuis la Suisse 20 millions d’euros en espèces, «fruit d’une évasion fiscale», appartenant aux armateurs Paolo, Cesare et Maurizio D’Amico.

Le sous-officier, qui était chargé de rapatrier physiquement l’argent à bord d’un jet privé, a perçu un chèque de 400 000 euros provenant du compte de Mgr Scarano, selon le magistrat. La transaction n’est toutefois jamais arrivée à son terme en raison de disputes entre les trois hommes. Cette affaire n’est qu’un filon d’une enquête beaucoup plus vaste, qui avait été entamée en septembre 2010 sur le fonctionnement de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR).

La justice italienne soupçonnait à l’époque le président de l’IOR Ettore Gotti Tedeschi et le directeur général Paolo Cipriani de violation de la législation contre le blanchiment d’argent. Plus de 20 millions d’euros avaient été bloqués dans le cadre de cette enquête qui avait conduit, entre autres, au limogeage de la direction de l’IOR.


AFP