Publié le 12-09-2019

Quand « Le Monde » prône le régionalisme aux présidentielles tunisiennes

Oubliez le mérite, l’intégrité et les programmes électoraux ! Le Monde vous propose un autre critère de choix : l’appartenance régionale. Quoi de mieux que de suggérer que Zbidi fédèrera tous les Sahéliens vers le sommet?



Quand « Le Monde » prône le régionalisme aux présidentielles tunisiennes


Comme si on en avait pas assez de ceux qui défendent les pauvres contre les riches, ceux qui se disent parler au nom de l’Islam contre les mécréants, voilà qu’un autre front, qui a semblé pourtant avoir disparu pour un temps, réapparait : l’appartenance régionale. Et le journaliste du Monde cite dans ce cadre un exemple particulier :« Les Sahéliens rassemblés derrière Zbidi (Sahélien lui-même) contre le reste de la Tunisie ».

Le journaliste, Frédéric Bobin, qualifie même le Sahel (région du centre-est de la Tunisie) de « pépinière de l’élite au pouvoir ». Il n’oublie pas de commencer par Bourguiba, premier leader de la Tunisie, originaire de Monastir mais énumère nombre de personnalités sahéliennes qui avaient dirigé le pays à ses côtés et sous Ben Ali.

Plus loin, il raconte qu’après la révolution, les sahéliens furent évincés par d’autres noms politiques issus des différentes régions du sud de centre ouest dans ce que le journaliste a nommé comme "la revanche du sud" mais il ajoute « L’élite sahélienne, souvent associée à l’ancien régime, fait le dos rond et attend des jours meilleurs ».

Le journaliste ne s’arrête pas à supposer un affrontement entre les sahéliens et les originaires du sud ou du centre-ouest, il rajoute une autre confrontation avec les Tunisois avec la venue de BCE comme président de la république et la nomination de Youssef Chahed également Tunisois.

Il cite même un fonctionnaire qu’il ne nomme pas. Ce témoin aurait dit «Les Sahéliens ont toujours considéré les Tunisois comme légers et inconstants » puis rappelle même pour illustrer cette vérité, le divorce tonitruant entre Chahed et BCE.

Maintenant la course électorale vers la présidence inclut une bataille frontale entre Chahed le Tunisois et Zbidi le Sahélien, selon ce que nous explique ce journaliste. En aucun cas, il n’a parlé du projet qu’ils proposent aux électeurs (un détail à ce niveau selon lui), avant tout prime leurs appartenances régionales.

Après la révolution, nous avons cru un tel discours révolu. Les critères selon lesquels les Tunisiens choisissent leurs élus ont changé. Désormais, l'argument économique et sécuritaire sont le principal cheval de bataille de ces candidats. Qu'ils soient du sud, du nord ou même du Sahel le Tunisien semble s'inquiéter de ce qu'ils offrent d'abord à son pouvoir d'acaht et à sa sécurité.

Alors ravalez vos vieux clichés de favoritisme, de régionalisme et d'appartenance régionale car le Tunisien ne peut s'offrir le luxe de mal choisir pour la simple raison qu'il veut au pouvoir "un fils du pays".


Source: Ines Ayed