2026-10-04 نشرت في

Céréales en Tunisie : les anciennes variétés n’ont pas disparu, l’INRAT explique

Le directeur général de l’Institut national de la recherche agronomique de Tunisie (INRAT), Monder Ben Salem, a affirmé que les anciennes variétés de céréales n’ont pas été abandonnées, contrairement à certaines informations qui circulent. Il a précisé qu’elles sont toujours présentes dans les zones rurales et valorisées par les petits agriculteurs pour produire des produits locaux à forte valeur nutritionnelle et de qualité.



Céréales en Tunisie : les anciennes variétés n’ont pas disparu, l’INRAT explique

Une productivité limitée pour les anciennes variétés

Intervenant dans l’émission AgriHour, Monder Ben Salem a expliqué que le rendement de ces variétés, qu’il s’agisse de blé dur ou de blé tendre, reste limité et ne permet pas d’assurer l’autosuffisance. Des variétés comme « Chéli » et « Mahmoudi » produisent ainsi entre 10 et 15 quintaux par hectare.

Des variétés nouvelles plus productives

Une partie de ces anciennes céréales est toutefois utilisée dans la mise au point de nouvelles variétés destinées notamment aux grandes exploitations agricoles. Celles-ci peuvent atteindre un rendement d’environ 80 quintaux par hectare, contribuant ainsi à renforcer la production et l’autosuffisance.

Le responsable a souligné qu’une nouvelle variété ne peut être homologuée que si elle apporte une réelle valeur ajoutée par rapport à la variété précédente, notamment en matière de rendement et de résistance aux changements climatiques et aux maladies.

Trouver un équilibre entre rendement et produits locaux

Monder Ben Salem a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre l’amélioration des volumes de production et la préservation des produits locaux, qui constituent également une source de revenus pour les petits agriculteurs.

La production des semences en Tunisie

Concernant la multiplication et la production des semences, le directeur général de l’INRAT a indiqué que le processus est soumis à un encadrement précis, depuis la création d’une nouvelle variété jusqu’à sa commercialisation auprès des agriculteurs.

Il a expliqué que la mise au point d’une variété de céréales nécessitait auparavant entre 10 et 12 ans. Grâce aux progrès scientifiques, cette durée a été réduite à environ 5 ans. Il a toutefois appelé les autorités chargées de la recherche scientifique à renforcer les financements afin d’acquérir des serres climatisées permettant de réduire davantage cette durée.

Appel à utiliser des semences sélectionnées

Le responsable a également appelé les agriculteurs à utiliser des semences sélectionnées, considérées comme un élément essentiel pour atteindre l’autosuffisance en céréales et en légumineuses. Il a toutefois précisé que les rendements varient selon la région, l’agriculteur et la variété utilisée.

80% des semences sélectionnées sont développées en Tunisie

Monder Ben Salem a affirmé que la Tunisie ne dispose pas de semences importées, précisant que 80% des semences sélectionnées commercialisées dans le pays sont développées par l’Institut national de la recherche agronomique, tandis que les 20% restantes sont multipliées en Tunisie.

Un manque de techniciens et de personnel

Concernant les ressources humaines, le directeur général de l’INRAT a fait état d’un manque important d’ouvriers et de techniciens. Il a précisé que l’institut compte actuellement un technicien pour quatre chercheurs, alors que les besoins sont estimés à deux techniciens pour quatre chercheurs.

Il a enfin indiqué que les chercheurs s’efforcent d’attirer des financements internationaux pour soutenir les activités de l’institut. 35% du budget de l’établissement provient ainsi de projets de coopération internationale sous forme de subventions.


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