2026-05-19 نشرت في
Salaires en Tunisie : les femmes toujours moins rémunérées que les hommes
L’Association Intersection pour les droits et les libertés, en collaboration avec le centre de recherche Diwan Al Omran, a publié ce mardi les résultats d’une étude intitulée : « Les villes comme facteur de production des inégalités : l’écart salarial entre les femmes et les hommes et son impact sur l’accès des femmes à un logement convenable en Tunisie et en Égypte ».

L’étude analyse les cas de la Tunisie et de l’Égypte afin d’examiner l’impact des discriminations sur le marché du travail sur l’accès des femmes à un logement décent, tout en mettant en lumière le lien structurel entre les inégalités économiques et les difficultés d’accès au logement.
Un écart salarial qui influence directement l’accès au logement
Les résultats montrent que l’écart salarial entre les femmes et les hommes ne se limite pas à une simple différence de revenus, mais constitue un facteur déterminant dans la capacité des femmes à supporter les coûts du logement et des services associés, dans un contexte marqué par la hausse continue des prix de l’immobilier et des loyers.
Selon l’étude, l’écart salarial en Tunisie atteint environ 10,4 % en faveur des hommes, tandis qu’en Égypte il dépasse les 20 %.
Cette situation affecte directement la capacité des femmes à accéder au logement, laquelle baisse à 90,6 % en Tunisie et à 80 % en Égypte.
Précarité résidentielle et charges supplémentaires
L’étude souligne également que les coûts liés au logement ne concernent pas uniquement le loyer ou l’achat d’un bien, mais incluent aussi les dépenses liées aux services essentiels et au transport, ce qui alourdit davantage la charge financière des femmes et augmente les risques de précarité résidentielle et d’instabilité.
De nombreuses femmes sont ainsi contraintes d’accepter des logements de moindre qualité ou de partager un logement de manière forcée, avec un risque accru d’expulsion en raison de l’incapacité à couvrir les frais de logement.
Des recommandations pour la Tunisie
L’étude recommande l’adoption d’une approche fondée sur les droits, reliant directement la justice économique sur le marché du travail au droit à un logement convenable, notamment à travers le renforcement des mécanismes de contrôle afin de garantir l’égalité salariale et de limiter les contrats de travail précaires touchant particulièrement les femmes.
Elle appelle également à revoir les politiques de logement, les programmes de logement social et les mécanismes de financement immobilier afin qu’ils prennent en compte les disparités de revenus entre les genres, tout en allégeant les conditions de garanties familiales ou immobilières qui excluent souvent les femmes.
Enfin, l’étude insiste sur l’importance de développer des bases de données publiques ventilées par sexe afin de suivre les taux de dépenses et de propriété, et d’adapter les législations nationales aux engagements internationaux pour garantir une planification urbaine plus équitable et inclusive.
