2026-03-26 نشرت في
La guerre au Moyen-Orient menace l'économie tunisienne : le pétrole dépasse 100 dollars et des avertissements de vague d'inflation
L’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) a appelé le gouvernement tunisien à adopter un ensemble de mesures urgentes et structurelles pour faire face aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient, limiter ses effets sur l’économie tunisienne et préserver l’équilibre des finances publiques.

Dans une note analytique intitulée « Guerre au Moyen-Orient : enjeux et impacts sur l’économie tunisienne », l’institut insiste sur la nécessité de mettre en place une cellule de veille pour suivre l’évolution des prix du pétrole (Brent), des coûts de transport et les décisions des banques centrales mondiales, dans un contexte de risques géopolitiques croissants.
Impact du pétrole sur les finances publiques
L’étude souligne que la hausse du prix du pétrole, qui dépasse 100 dollars le baril, constitue une menace directe pour les finances publiques, alors que le budget 2026 est basé sur une hypothèse de seulement 63,3 dollars.
Chaque augmentation d’un dollar coûte à l’État environ 164 millions de dinars supplémentaires.
L’institut met également en garde contre le risque de dépréciation du dinar : une baisse de 10 millimes face au dollar augmente les dépenses de subvention de 43 millions de dinars, ce qui accentue la pression sur le pouvoir d’achat des Tunisiens.
Feuille de route pour renforcer la résilience économique
L’IACE propose une stratégie en deux phases :
-Court terme : sécuriser un stock stratégique de produits de première nécessité et de carburants, lancer un programme national d’économie d’énergie, et soutenir les petits agriculteurs pour garantir la continuité de la production locale et réduire l’inflation importée.
-Moyen terme : viser la souveraineté alimentaire et énergétique via l’investissement dans le secteur des céréales et l’accélération des projets d’énergies renouvelables, tout en mobilisant des financements internationaux flexibles et en encourageant la diaspora tunisienne à investir dans les obligations nationales.
Scénarios potentiels de la crise
La note identifie trois scénarios principaux :
-Escalade régionale entraînant une hausse du prix du pétrole
-Fermeture du détroit d’Hormuz, par lequel transite 20 % du commerce énergétique mondial
-Accord diplomatique rétablissant la stabilité sur les marchés
L’IACE attire également l’attention sur le risque d’inflation importée lié à la hausse des coûts de production et des prix des matières premières, ainsi que sur les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, pouvant provoquer une augmentation des prix alimentaires.
Rôle clé de la politique monétaire et financière
L’institut souligne l’importance du rôle de la Banque Centrale de Tunisie, tout en mettant en garde contre le financement monétaire, qui pourrait augmenter la liquidité sans accroître la production, exacerbant ainsi l’inflation.
Il appelle à un coordination totale entre la politique monétaire et la politique budgétaire, à l’accélération de la nouvelle loi de change et à la révision de la loi sur l’investissement, afin de renforcer l’attractivité de la Tunisie et d’assurer l’entrée de devises étrangères.
Digitalisation du parcours d’investissement
Par ailleurs, le Directeur général de l’Agence de Promotion de l’Investissement Extérieur (FIPA) a indiqué que l’État tend vers la numérisation complète du parcours d’investissement, via une plateforme nationale permettant aux investisseurs de suivre leur projet en ligne, tout en simplifiant les procédures et en supprimant de nombreuses autorisations.
Malgré les défis, il estime que les développements dans le Golfe pourraient renforcer la position de la Tunisie comme destination attractive pour les investisseurs, voire devenir un refuge sûr pour ceux souhaitant se tourner vers les marchés européens.
