Publié le 20-04-2016

Sous le signe ‘Yé Tha3leb’ une campagne veut que les femmes tunisiennes restent à la maison

Le renard est une espèce de canidé connue pour son intelligence mais qui symbolise généralement la ruse et la sournoiserie et c’est lui qui représenterait pour « certains » les femmes en Tunisie…



Sous le signe ‘Yé Tha3leb’ une campagne veut que les femmes tunisiennes restent à la maison

Apparemment, la campagne tant dénoncée par les féministes tunisiennes comme sexiste et, classée par certains comme simplement « humoristique » ou visant une « seule catégorie de femmes », est en train de prendre une tournure catastrophique.

Humour, liberté d’expression, de création, oui, mais remettre en question les acquis des femmes de ce pays, acquis pour lesquels des générations entières de femmes et d’hommes se sont battues et continuent de se battre… la réponse est certainement NON.

Le travail est un droit et la constitution tunisienne ne fait pas la différence entre les genres. Les femmes sont citoyennes à part entière et qu’elles n’ont pas à le prouver ou à le démontrer, elles ont tout comme les hommes le droit de travailler. Elles sont plus brillantes à l’école, elles sont les plus instruites au monde arabe, elles font des métiers difficiles comme l’agriculture et sont sous payées parfois, mais elles ne rechignent pas, au contraire, elles essaient de conforter leurs acquis et de les développer.

Ce sont les femmes tunisiennes que l’on malmène sous le signe de l’humour et à qui on demande aujourd’hui de rester à la maison et de laisser travailler les hommes à la place.

Une campagne étonnante et pas unique (une autre demande des métros non mixtes) qui, une fois lancée sur la toile, suscite une vague de commentaires haineux et des plus rétrogrades…

Alors que qu’une loi contre les violences est pour les droits des femmes a été proposée par le ministère de la femme à l’ARP et que le débat pour l’égalité et l’équité est plus que jamais d’actualité, certains pensent qu’une femme n’a de place qu’à la maison, pour élever ses enfants et… ils en font une campagne. Allant jusqu'à relier les travail des femmes à la "décadence'" de la société et au célibat de ces dernières, ces internautes proposent le licenciement de toutes les femmes de la fonction publique comme solution aux problèmes de l’emploi.

Article 40

Le travail est un droit pour chaque citoyen et citoyenne. L’État prend les mesures nécessaires à sa garantie sur la base de la compétence et de l’équité.
Tout citoyen et citoyenne a le droit au travail dans des conditions décentes et à salaire équitable.

« Convaincus que la science, le travail et la création sont des valeurs humaines nobles » Préambule de la constitution tunisienne.


H.B.