Publié le 06-03-2018

Festival Sidi Ali el Hattab

Mardi 19, mercredi 20 et jeudi 21 mai : Une belle manifestation en l’honneur d’un grand saint de la Tunisie s'ouvre du côté de Borj El Amri: le Festival de Sidi Ali Hattab. C’est une occasion pour rendre compte de l’importance du patrimoine constitué par les zaouias. Partout où l’on se dirige sur cette bonne vieille terre qui fleure les senteurs de l’olivier, l’arôme du jasmin...



Festival Sidi Ali el Hattab

Mardi 19, mercredi 20 et jeudi 21 mai : Une belle manifestation en l’honneur d’un grand saint de la Tunisie s'ouvre du côté de Borj El Amri: le Festival de Sidi Ali Hattab. C’est une occasion pour rendre compte de l’importance du patrimoine constitué par les zaouias. Partout où l’on se dirige sur cette bonne vieille terre qui fleure les senteurs de l’olivier, l’arôme du jasmin, l’encens du pin ou l’âcre goût du cactus se dresse le mausolée d’un saint. C’est tout un réseau de sanctuaires à travers les mailles duquel montent en quelques occasions des chants mystiques d’une haute spiritualité, louanges au Seigneur des mondes et au Prophète de l’Islam. Ces chants sortent des profondeurs de l’être. Et les croyants qui se pressent et se bousculent, hommes, femmes et enfants dans les zaouias, s’y abandonnent dans un élan qui les rapproche du Créateur. Des portes peintes en vert et rouge, fortement cloutées, sortent des processions qui donnent lieu à des formes et à des pratiques défoulatoires. Les Hadhras comme celle qui aura lieu aujourd’hui en la mémoire de Sidi Ali Hattab, dans la région de Borj Al-Amri, suscite une large adhésion populaire. Etroitement mêlés, sous l’égide d’un Islam d’amour et de connivence, notables et petites gens laissent parler une foi ardente. Parfois aux rythmes du «bendir» (instrument de percussion) les gens se laissent aller à des transes qui les mènent vers l’extase, comme cela s’observe chez les Issawiyas. Tout cela dessine un fond culturel qui a assuré une bonne assise à la religion. Les villes et les villages et aussi certaines campagnes reculées reçoivent ainsi les effluves sacrés et s’abreuvent à l’une des sources vivantes de l’identité spirituelle. Nés des courants mystiques en provenance de l’Andalousie et du Maroc, les tijanias, qadrias, chedhlias etc… ont essaimé dans la fraîche pénombre des zaouias et diffusé l’idée que le seigneur peut donner un pouvoir aux gens qu’il a choisis parmi les soufis. D’où le recours des foules aux vertus «miraculeuses» que sont sensés posséder ces lieux et les patrons de ces lieux. «La Zaouia était à la fois un sanctuaire du culte, un espace sacré de conciliation, un refuge pour les pauvres, un asile pour les fuyards et les opprimés». Pour certains croyants la Zaouia, après la mosquée bien-entendu, constitue un extraordinaire espace de recueillement et de tête-à-tête avec le Créateur. Dans la Tunisie d’aujourd’hui qui a redonné vie à ces lieux, elle constitue un maillon irremplaçable de notre patrimoine.
 
Texte de A.Chorfi / Crédit photo : La Presse

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