Publié le 20-10-2015

La pièce algérienne le huitième jour ; le corps en otage, comme métaphore…

La salle du 4ème Art a accueilli lundi 19 octobre la pièce algérienne « le huitième jour » avec un public très nombreux qui a suivi avec une grande attention cette œuvre tant attendue.



La pièce algérienne le huitième jour ; le corps en otage, comme métaphore…

Produite par L’Association du Théâtre libre Milef 86 d’après un texte de Abd Ennabi Zidi avec une mise en scène de Zarouk Nakkaa, Le huitième jour de la semaine est une œuvre complexe inspirée du théâtre de l’absurde.  

Les évènements se déroulent dans le cadre d’un cimetière où un homme s’est trouvé parachuté et voué à un sort pour le moins inattendu : la mort.

En face de lui, un fossoyeur entêté qui n’a pour seul objectif qu’en finir avec cet individu en le mettant dans sa fosse. Mais le visiteur impromptu du cimetière n’accepte pas son sort et fait tout pour s’en sortir mais vainement. Il demanda de l’eau à son fossoyeur obnubilé par l’idée de l’entrainement qui constitue sa seule vocation dont il tire des profits et beaucoup de plaisir avec son assistant, une créature immonde mi-homme mi-animal.

Le macchabé se révolte, essaye de gagner la sympathie du fossoyeur, creuser la fosse à la recherche d’une eau salvatrice, mais tout semble inutile puisque son sort est déjà scellé. Ses cris et sa résistance à l’idée d’être mort ne lui ont été d’aucun secours. Le fossoyeur est un geôlier expérimenté qui en a vu bien d’autres avant ce macchabé .Il connait si bien cet instant ultime où les morts n’acceptent mas leur mort et refusent de partir. L’altercation entre lui et son fossoyeur qui vit avec les morts et se délecte des vivants qui refusent de mourir, fini par éclater mettant un terme à cette comédie macabre.

Interprété par Mohamed Lahwes, Abderrahmane Ben Jazia, Mohamed Amine Dahmaet, Assia Chartioui, cette œuvre est chargée de métaphores et le mystère reste total jusqu’à la fin de la représentation. Les auteurs de la pièce n’ont pas succombé à la facilité, en gardant secrètes les clés de l’œuvre au bonheur d’un public averti qui s’amusera sans doute à déchiffrer ses codes. Et c’est bien là le sens profond du théâtre.
 


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