Publié le 07-10-2026

Fripe en Tunisie : la demande dépasse 90% malgré la hausse des prix

Le président de la Chambre syndicale nationale des commerçants de vêtements de seconde main en gros, Sobhi Maâlaoui, a indiqué, ce mercredi 7 octobre 2026, que le secteur des vêtements de seconde main en Tunisie a connu plusieurs transformations ces dernières années, notamment au niveau des méthodes de présentation et de vente, sous l’effet également des changements climatiques et de la conjoncture économique mondiale.



Fripe en Tunisie : la demande dépasse 90% malgré la hausse des prix

Les vêtements de seconde main ne concernent plus uniquement les ménages modestes

Intervenant dans l’émission « Ach-Chareaa Ettounsi », Sobhi Maâlaoui a expliqué que le secteur des vêtements de seconde main n’est pas nouveau en Tunisie. Il a souligné qu’une part importante des Tunisiens y a recours, qu’il s’agisse de familles à revenus modestes ou moyens, mais également de certaines catégories plus aisées.

Selon lui, l’image traditionnellement associée à ce secteur a évolué ces dernières années, notamment avec la multiplication des magasins spécialisés et le développement des méthodes de présentation et de commercialisation des articles. Les réseaux sociaux jouent également un rôle important dans la promotion des vêtements de seconde main, grâce à de nouvelles façons de photographier et de présenter les pièces, ce qui encourage les clients à les acheter.

Les changements climatiques raccourcissent la saison hivernale

Faisant le bilan des dix premiers mois de 2026, Sobhi Maâlaoui a indiqué que les changements climatiques ont eu un impact notable sur le marché des vêtements de seconde main, notamment sur les articles d’hiver. Il a expliqué que la saison hivernale est devenue plus courte, ce qui a entraîné une baisse de la demande pour les vêtements et accessoires destinés à cette période.

Il a ajouté que les vêtements d’hiver étaient auparavant demandés pendant une plus longue période de l’année, alors que leur période de vente et d’utilisation s’est raccourcie en raison de la hausse des températures et de l’évolution des conditions climatiques.

La majorité des vêtements importés proviennent d’Europe

Le président de la Chambre syndicale a précisé que la majorité des conteneurs arrivant en Tunisie proviennent d’Europe, en plus de quantités en provenance du Canada et des États-Unis. Ces marchés étant caractérisés par un climat froid, la proportion de vêtements d’hiver y est plus importante que celle des vêtements d’été.

Cette situation entraîne, selon lui, des difficultés pour les grossistes et les détaillants tunisiens, notamment pour écouler les vêtements d’hiver, qui ne suscitent plus le même niveau de demande que les années précédentes.

La conjoncture économique mondiale pèse sur les prix

Sobhi Maâlaoui a également évoqué l’impact de la conjoncture économique mondiale, notamment la crise économique en Europe et la guerre russo-ukrainienne, sur le marché des vêtements de seconde main. Ces facteurs ont contribué, selon lui, à la hausse des prix et à une baisse de la qualité des articles disponibles.

Un secteur qui fait vivre près de 200.000 personnes

Le président de la Chambre syndicale nationale des commerçants de vêtements de seconde main en gros a souligné que le secteur ne se limite pas à la fourniture de vêtements, mais joue également un rôle économique et social important. Il emploie directement ou indirectement près de 200.000 personnes, dont environ 8.000 diplômés de l’enseignement supérieur.

Il a ajouté que le secteur relève de cinq ministères, dont le ministère des Affaires sociales, compte tenu de sa dimension essentiellement sociale.

Une demande qui dépasse les 90 %

Sobhi Maâlaoui a par ailleurs affirmé que la demande pour les vêtements de seconde main a augmenté par rapport aux dernières années, dépassant 90 %. Il a expliqué que certains parents achètent désormais des vêtements neufs à leurs enfants et les complètent avec des pièces de seconde main.

Selon lui, ce comportement traduit une évolution des habitudes du consommateur tunisien, principalement en raison de la hausse des prix des vêtements neufs et de la baisse du pouvoir d’achat.

Un appel à revoir le cadre juridique

Sobhi Maâlaoui a estimé que les vêtements de seconde main continueront à occuper une place importante sur le marché tunisien, compte tenu de leur rôle économique et social et du recours d’un grand nombre de familles à ce type de produits.

Il a appelé à garantir la continuité de l’activité et à améliorer les conditions de travail des grossistes, des détaillants et des professionnels liés au secteur, afin de permettre aux consommateurs d’accéder à des vêtements à des prix abordables et d’une qualité convenable.

En conclusion de son intervention, l’invité de l’émission « Ach-Chareaa Ettounsi » a appelé à réviser le cadre juridique régissant le secteur des vêtements de seconde main, estimant que certaines lois remontent à plus de 30 ou 40 ans et ne correspondent plus aux évolutions du secteur.

Il a estimé que la révision de ces textes permettrait aux différents intervenants de travailler dans de meilleures conditions, tout en garantissant la continuité de l’activité et l’accès des citoyens tunisiens à des vêtements à des prix abordables.



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