Publié le 24-09-2026

Filmer des femmes à leur insu : les lunettes intelligentes sous surveillance

Le parquet de Paris a récemment ouvert une enquête pénale à la suite de soupçons de harcèlement sexuel liés à l’utilisation de lunettes intelligentes, alors que l’autorité française chargée de la protection des données a reçu des plaintes faisant état de préoccupations concernant les conséquences de cette technologie sur la vie privée.



Filmer des femmes à leur insu : les lunettes intelligentes sous surveillance

Des lunettes équipées de petites caméras

Les lunettes intelligentes connaissent une popularité croissante sur les marchés mondiaux. Celles de Meta, fabriquées en partenariat avec EssilorLuxottica, dominent actuellement ce marché avec une part mondiale estimée à environ 76 %.

Ces lunettes, notamment les modèles de Meta dotés de fonctionnalités d’intelligence artificielle, intègrent une petite caméra permettant à leur utilisateur de prendre des photos et des vidéos de manière relativement discrète, sans forcément attirer l’attention des personnes présentes autour de lui.

Ces appareils connaissent un succès important à l’échelle mondiale. Environ 7 millions d’unités ont été vendues l’année dernière, tandis que les dernières données commerciales d’EssilorLuxottica font état d’une « croissance spectaculaire » en 2026, selon Reuters.

Des femmes filmées dans la rue sans leur consentement

La rapide popularisation des lunettes intelligentes s’accompagne toutefois de préoccupations croissantes concernant leur utilisation abusive, notamment en matière de harcèlement sexuel, d’atteinte à la vie privée et de surveillance illégale.

Le parquet de Paris a indiqué à Reuters avoir récemment ouvert au moins une enquête pénale à la suite de plaintes liées au harcèlement sexuel, dans le contexte de la diffusion sur les réseaux sociaux d’un nouveau défi consistant à utiliser des lunettes intelligentes pour filmer des femmes dans la rue sans leur consentement, puis à publier les vidéos en ligne.

Le parquet n’a pas précisé la marque des lunettes utilisées dans ces faits et a refusé de fournir davantage de détails sur l’enquête.

Des tests pour mieux comprendre les infractions possibles

Le parquet a également indiqué que son unité de lutte contre la cybercriminalité avait testé ces appareils il y a environ deux semaines, afin de mieux comprendre la nature des infractions susceptibles d’être commises à l’aide de lunettes intelligentes.

Ces initiatives interviennent alors que plusieurs acteurs à travers le monde commencent à renforcer leur vigilance face à l’utilisation de cette technologie. Certaines salles de cinéma au Royaume-Uni ont ainsi interdit le port de lunettes intelligentes, tandis qu’un groupe allemand de défense des consommateurs a déposé une plainte pénale contre Meta et d’autres entreprises impliquées dans la commercialisation de ces appareils, en invoquant les lois relatives à la protection de la vie privée.

Meta : la vie privée prise en compte dès la conception

De son côté, Meta a affirmé que ses lunettes dotées d’intelligence artificielle avaient été « conçues en tenant compte de la protection de la vie privée dès le départ ». L’entreprise a ajouté qu’elle « continuerait à renforcer les mesures de protection à mesure que ses lunettes deviennent plus sophistiquées ».



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