La tomate se fait de plus en plus rare sur les marchés tunisiens, avec des prix qui atteignent actuellement près de 3 000 millimes le kilogramme. Plusieurs facteurs agricoles et climatiques expliquent cette situation.
Publié le 22-09-2026
La tomate se fait de plus en plus rare sur les marchés tunisiens, avec des prix qui atteignent actuellement près de 3 000 millimes le kilogramme. Plusieurs facteurs agricoles et climatiques expliquent cette situation.

La Tunisie traverse actuellement une période de transition entre deux cycles de production : les cultures sous serre du Sahel arrivent à leur terme, tandis que les récoltes saisonnières de Sidi Bouzid et Kasserine ne sont pas encore en mesure d’assurer pleinement le relais.
La situation est particulièrement compliquée à Monastir, où le secteur compte environ 10 500 serres. La région assure habituellement près de 46 % de la production durant les périodes creuses, mais les difficultés liées à l’irrigation, notamment après la mise hors service du barrage de Nebhana, affectent directement les cultures.
Dans les régions appelées à prendre le relais, notamment Sidi Bouzid et Kasserine, les conditions météorologiques ont également lourdement impacté les récoltes. Les épisodes de grêle et les fortes températures ont provoqué des pertes et dégradé une partie de la qualité des tomates.
Les pertes sont particulièrement importantes : une caisse de 20 kg peut actuellement contenir jusqu’à 7 kg de fruits endommagés ou impropres à la consommation. Par ailleurs, une partie des quantités encore disponibles est absorbée par le secteur de la restauration professionnelle, réduisant davantage l’offre destinée aux ménages.
Sur les marchés, le prix au détail avoisine les 3 000 millimes le kilo, contre environ 2 700 millimes au marché de gros à Sidi Bouzid. Selon Abdallah Sahraoui, président du Syndicat des oléiculteurs du Sahel, les anciennes grilles de prix fixées entre 1 600 et 1 800 millimes ne correspondent plus aux coûts actuels de production et de transport.
Les professionnels alertent enfin sur les prochains mois. En l’absence de mesures urgentes pour soutenir les cultures de primeurs et renforcer l’accès à l’eau d’irrigation à Monastir, les tensions sur l’approvisionnement pourraient se poursuivre, voire s’accentuer durant les mois de novembre, décembre et janvier.