Publié le 10-08-2026
Nouvelle loi française : les centres d’appels en Tunisie et au Maroc face à une grande menace
La nouvelle loi française encadrant le démarchage téléphonique entrera en vigueur à partir du 11 août 2026. Elle impose aux entreprises d’obtenir le consentement préalable et explicite du consommateur avant tout appel à caractère commercial. Cette mesure pourrait modifier un modèle économique basé depuis des années sur les appels directs vers des clients potentiels.

La Tunisie et le Maroc concernés par les répercussions
Cette réforme pourrait avoir un impact sur les centres d’appels en Tunisie et au Maroc, compte tenu de leur forte dépendance au marché français, notamment dans les domaines du télémarketing, de la vente, du suivi client et du support. Le Maroc représente l’une des principales destinations des services d’externalisation liés aux entreprises françaises, tandis que la Tunisie accueille également plusieurs activités destinées au marché européen.
Des opérations pouvant atteindre 25 à 30 euros
Certaines entreprises s’appuient sur des opérations commerciales par téléphone pouvant générer des revenus allant jusqu’à 25 ou 30 euros par opération, selon la nature du service et du contrat. Une baisse du volume des appels commerciaux pourrait donc affecter directement l’activité des sociétés et les emplois liés à ce secteur.
Le Maroc alerte sur des milliers d’emplois menacés
Au Maroc, les premiers effets de cette réforme commencent à apparaître. Des syndicats ont évoqué des licenciements dans le secteur, tandis que le gouvernement a alerté sur le risque de perte de 40 000 à 50 000 emplois si les entreprises ne parviennent pas à réorienter leurs activités vers des services à plus forte valeur ajoutée.
La Tunisie est-elle concernée ?
Malgré l’absence de chiffres officiels récents sur le volume exact des activités destinées au marché français, la Tunisie reste une destination importante des services d’externalisation dans la région. Plusieurs centres d’appels tunisiens travaillent avec des entreprises françaises dans le marketing, la relation client et le support technique. Les structures les plus exposées seraient celles qui dépendent principalement de la prospection et de la vente par téléphone.
L’intelligence artificielle, une pression supplémentaire
Le secteur doit également faire face à un autre défi : le développement rapide de l’intelligence artificielle. Les nouvelles technologies sont désormais capables d’effectuer plusieurs tâches traditionnelles, comme répondre aux demandes des clients, gérer des appels simples et assister les services de relation client. Le secteur fait donc face à une double pression : des réglementations européennes plus strictes et une transformation technologique accélérée.
Une transformation plutôt qu’une disparition
Cette évolution ne signifie pas forcément la fin des centres d’appels, mais pourrait les pousser à se repositionner vers des activités plus spécialisées comme le support technique, la gestion de la relation client, les services numériques, l’analyse des données et les solutions basées sur l’intelligence artificielle. Les compétences linguistiques, relationnelles et technologiques deviendront davantage déterminantes pour les employés du secteur.
Quel avenir pour le secteur en Tunisie ?
La nouvelle réglementation française soulève des questions sur la capacité de la Tunisie à accompagner les mutations d’un secteur important de l’exportation des services. La diversification des marchés, la formation aux métiers numériques et l’évolution vers des services à plus forte valeur ajoutée seront des éléments clés pour limiter les impacts dans les prochains mois.
