Ces financements, d’un montant global de 230 millions en euros et en dollars, visent à moderniser les équipements miniers, améliorer la gestion des ressources hydriques, sécuriser l’approvisionnement en matières premières et accompagner la restructuration de deux acteurs majeurs de l’économie tunisienne.
110 millions d’euros pour moderniser les mines de Gafsa
Le premier projet concerne un accord de garantie conclu entre l’État tunisien et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), relatif à un prêt de 110 millions d’euros destiné à financer le projet CAPSA de la Compagnie des phosphates de Gafsa.
Ce programme prévoit l’acquisition d’équipements miniers modernes, le renouvellement des machines d’exploitation ainsi que l’installation d’unités de filtration sous haute pression pour le traitement des eaux industrielles.
Selon les responsables de la CPG, ce projet devrait permettre d’augmenter la capacité d’extraction d’environ 30 % et d’améliorer la récupération des eaux utilisées dans les activités minières, avec un taux qui pourrait passer d’environ 60 % à plus de 90 %.
La CPG confrontée à une crise structurelle
Lors des discussions, les députés ont évoqué les difficultés rencontrées par la compagnie ces dernières années, notamment la baisse de la production, le vieillissement des équipements, l’augmentation des coûts d’exploitation et les défis liés à la gouvernance.
Le président-directeur général de la CPG a reconnu que l’entreprise traverse une crise structurelle due au recul de la production, à l’accumulation des pertes et aux perturbations sociales.
Il a indiqué que les priorités actuelles consistent à rétablir progressivement la production, réhabiliter les équipements, améliorer le transport du phosphate et renforcer la productivité de l’entreprise.
Une stratégie de réforme sur plusieurs années
La Compagnie des phosphates de Gafsa prépare une stratégie globale de réforme visant à augmenter progressivement la production, retrouver un équilibre financier et améliorer les performances environnementales.
Selon la direction de la société, la mise en œuvre de cette stratégie nécessitera une période estimée entre cinq et sept ans, avec une priorité immédiate accordée à la continuité de l’activité et au traitement des urgences.
120 millions de dollars pour sécuriser la production d’engrais
La Commission des finances a également examiné deux projets de loi relatifs à des accords de financement entre le Groupe chimique tunisien et la Société internationale islamique de financement du commerce.
Ces accords permettront de mobiliser 120 millions de dollars destinés exclusivement à financer l’importation de soufre et d’ammoniac, deux matières premières essentielles à la production d’engrais.
Les responsables du GCT ont précisé que ces financements ne serviront pas à couvrir les dépenses courantes ni à résorber le déficit financier de l’entreprise, mais à garantir la continuité de l’approvisionnement et maintenir le rythme de production.
Un enjeu économique majeur pour la Tunisie
Les députés ont insisté sur la nécessité d’améliorer la gouvernance, renforcer la transparence financière et mettre en place une vision stratégique capable de redonner au secteur du phosphate sa place centrale dans l’économie nationale.
Après examen des différents volets, les trois projets de loi ont été approuvés par la commission, ouvrant la voie à la mise en œuvre de ces nouveaux financements destinés à soutenir la relance du phosphate et des industries chimiques tunisiennes.

