Publié le 14-07-2026
Votre patrimoine est-il concerné ? Ce que prévoit la nouvelle taxe sur la fortune en 2026
L’universitaire et conseiller fiscal Iskander Sellami a exprimé, mardi 14 juillet 2026, ses réserves concernant l’élargissement de la taxe sur la fortune prévu par la loi de finances 2026, estimant que cette réforme soulève plusieurs interrogations en raison d’un manque de précisions et de l’absence d’une évaluation préalable.

Une taxe élargie à plusieurs types de patrimoine
Selon lui, cette taxe, introduite en 2023, concernait initialement uniquement les biens immobiliers dépassant une valeur de 3 millions de dinars. La loi de finances 2026 prévoit désormais une extension à l’ensemble du patrimoine, incluant notamment :
- Les droits réels
- Les actions et parts sociales
- Les valeurs mobilières
- Les véhicules et autres actifs
Iskander Sellami estime toutefois qu’un bilan de l’application initiale de cette taxe aurait dû être réalisé avant d’élargir son champ d’application.
Des incertitudes autour des dépôts bancaires et des actifs professionnels
Le conseiller fiscal a également évoqué les ambiguïtés contenues dans la note explicative du ministère des Finances, notamment concernant le traitement des dépôts bancaires, qui ont été successivement considérés comme concernés puis exclus de l’assiette fiscale.
Il a aussi souligné l’absence de précisions sur le statut des actifs professionnels, une situation qui pourrait entraîner différentes interprétations et provoquer des contentieux fiscaux.
Des difficultés pour évaluer réellement les patrimoines
Autre point soulevé : le manque d’outils fiables permettant d’évaluer les patrimoines. Iskander Sellami a notamment rappelé l’absence d’une base de données nationale des biens immobiliers ainsi que la suspension de la publication de l’indice des prix de l’immobilier depuis le premier trimestre 2024.
Il a également estimé que le seuil d’imposition fixé à 3 millions de dinars aurait dû être révisé afin de tenir compte de l’évolution des prix et de l’inflation.
Vers une réforme fiscale plus équilibrée ?
Plus largement, le conseiller fiscal appelle à une réforme basée sur une évaluation des mesures fiscales existantes, une meilleure lutte contre l’évasion fiscale et une simplification des procédures administratives.
Il met en garde contre une augmentation de la pression fiscale sur les petites et moyennes entreprises et plaide pour l’ouverture d’un dialogue national afin de construire un système fiscal plus stable, transparent et encourageant l’investissement.
