Publié le 07-07-2026
El Niño va-t-il toucher la Tunisie ? La vérité que chaque Tunisien doit connaître avant l'hiver !
Avec la multiplication des discussions à l’échelle mondiale autour du retour du phénomène El Niño, de nombreux Tunisiens s’interrogent sur son éventuel impact sur la saison des pluies dans le pays, notamment à travers des précipitations abondantes ou, au contraire, des périodes de sécheresse. Dans ce contexte, le spécialiste du climat Hamdi Hachad a expliqué que la réponse scientifique ne va directement dans aucune de ces deux directions, soulignant que l’influence d’El Niño sur la Tunisie reste limitée et indirecte.
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El Niño ne détermine pas à lui seul la saison des pluies en Tunisie
Hamdi Hachad a indiqué que le phénomène El Niño est l’un des phénomènes climatiques les plus puissants au monde, capable de modifier les régimes météorologiques dans plusieurs régions de la planète. Toutefois, il ne constitue pas un indicateur décisif permettant de prévoir si la Tunisie connaîtra une saison pluvieuse ou une période de sécheresse.
Il a précisé que le climat tunisien dépend principalement de l’état de l’atmosphère au-dessus de la mer Méditerranée et de l’Atlantique Nord, à travers plusieurs indices climatiques, notamment l’oscillation nord-atlantique (NAO), l’oscillation méditerranéenne (MO) et l’oscillation de l’ouest de la Méditerranée (MWEO).
Ces indicateurs jouent un rôle majeur dans la détermination des trajectoires des perturbations atmosphériques et des possibilités de précipitations durant les saisons d’automne et d’hiver.
Selon lui, El Niño peut augmenter ou diminuer la probabilité d’apparition de certains scénarios climatiques, mais il ne peut pas, à lui seul, définir la nature de la saison des pluies en Tunisie. Le pays se trouve relativement à l’abri d’un impact direct de ce phénomène, mais il reste exposé à ce que le spécialiste appelle un « effet domino climatique » lié aux changements observés à l’échelle mondiale.
Le problème n’est plus seulement la quantité de pluie, mais sa répartition
Le spécialiste du climat a souligné que la véritable évolution observée en Tunisie ces dernières années concerne la transformation du fonctionnement du climat. Même lorsque le pays enregistre des quantités importantes de pluie, celles-ci tombent désormais souvent sur de courtes périodes, sous forme d’épisodes plus intenses, suivis de périodes sèches plus longues.
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la hausse des températures et l’augmentation des taux d’évaporation.
Aujourd’hui, la principale question n’est donc plus uniquement de savoir quelle quantité de pluie est attendue, mais plutôt comment cette pluie tombera : s’agira-t-il de précipitations régulières permettant d’alimenter les barrages, les nappes phréatiques et le secteur agricole, ou bien d’averses intenses sur une courte durée provoquant des inondations et entraînant une perte importante des ressources en eau ?
La dernière décennie, la plus chaude depuis plus de six décennies
Hamdi Hachad s’est appuyé sur une étude portant sur 16 stations météorologiques tunisiennes durant la période allant de 1958 à 2020. Cette étude a montré que la période 2010-2020 a été la plus chaude enregistrée en 62 ans.
L’étude a également révélé que les régions du Sud tunisien continuent d’enregistrer de faibles précipitations, généralement inférieures à 200 millimètres par an, parallèlement à une hausse significative des températures et de l’évaporation potentielle.
Cette situation maintient le risque d’une mauvaise répartition des pluies, même durant les années où les quantités globales de précipitations peuvent sembler importantes.
Une lecture globale de la situation climatique
En conclusion, Hamdi Hachad a insisté sur le fait que toute prévision concernant la saison des pluies en Tunisie ne peut pas être basée uniquement sur le phénomène El Niño, mais doit prendre en compte l’ensemble des indicateurs climatiques influents.
Il a rappelé que la mer Méditerranée demeure le principal facteur déterminant du climat tunisien, dans un contexte de changements climatiques mondiaux qui s’accélèrent.
