Publié le 27-06-2026
STEG : plus de 6 millions de dinars d’impayés auprès des particuliers et des entreprises
La dette de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a atteint, au 23 juin 2026, environ 7 356 millions de dinars, tandis que ses créances non recouvrées auprès des clients, des entreprises publiques et privées s’élèvent à près de 6 061 millions de dinars.

Un besoin de financements supplémentaires
Les représentants de la STEG ont indiqué, lors d’une audition devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple, que cette situation nécessite une mobilisation de ressources financières et d’investissements supplémentaires afin d’assurer la continuité de l’entreprise et la réalisation de ses projets programmés.
La séance, tenue le 24 juin 2026, était consacrée à l’examen de deux projets de loi relatifs à l’approbation de deux accords de garantie au profit de la STEG : le premier avec la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) pour un montant de 384,8 millions d’euros (environ 1 269,8 millions de dinars), et le second avec la même institution, agissant en tant qu’entité accréditée par le Fonds pour les technologies propres, pour un montant de 30 millions de dollars (environ 87 millions de dinars).
Un programme de réformes pour rétablir les équilibres financiers
Selon les représentants de la société, ces financements s’inscrivent dans le cadre du contrat-programme 2024-2028 signé entre l’État et la STEG le 5 février 2025. Ce programme prévoit plusieurs réformes visant à rétablir les équilibres financiers de l’entreprise et à améliorer ses performances techniques, commerciales et de gouvernance.
Ils ont rappelé que la STEG constitue un pilier essentiel de la sécurité énergétique nationale, mais qu’elle fait face à une situation financière difficile due notamment à l’écart entre les tarifs appliqués et les coûts réels de production, à l’accumulation des subventions, à l’endettement croissant, ainsi qu’aux pertes techniques et commerciales, sans oublier l’impact des fluctuations des prix du pétrole et du taux de change du dinar.
Une dépendance forte au gaz naturel
Plus de 95 % de la production d’électricité en Tunisie repose encore sur le gaz naturel, tandis que les carburants représentent environ 72 % du coût de production de l’électricité et 89 % du coût de production du gaz naturel.
Le prix moyen de vente de l’électricité en 2025 n’a pas dépassé 290,7 millimes/kWh, contre un coût de production estimé à 456,3 millimes. Pour le gaz naturel, le prix moyen de vente est de 647,4 dinars par tonne équivalent pétrole, alors que le coût de production atteint 1 497,7 dinars.
Objectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables
Le contrat-programme prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 27 % de la production d’électricité en 2028 et à 35 % en 2030, de réduire le coût d’approvisionnement énergétique de 23 %, et de diminuer les charges de subvention de plus de 2 milliards de dinars, tout en améliorant le résultat net de près de 3 milliards de dinars.
Il prévoit également la mobilisation de 2,8 milliards de dollars d’investissements privés, la mise en service de 500 MW d’énergies renouvelables, ainsi que la conclusion de contrats pour 1 000 MW supplémentaires. Le programme vise aussi la modernisation des réseaux et la réduction des pertes énergétiques estimées à 19,7 %, dont une part importante liée au vol d’électricité et aux branchements illégaux.
Un financement basé sur les résultats
Les représentants ont précisé que le financement repose sur un mécanisme de paiement lié aux résultats, selon lequel les décaissements sont effectués en fonction de la réalisation d’indicateurs liés aux énergies renouvelables, à la performance financière et à la gouvernance.
La commission poursuit l’examen du projet
À l’issue de la séance, la Commission des finances et du budget a estimé que ces projets s’inscrivent dans un programme de réforme structurelle global visant à améliorer la performance de la STEG et à renforcer la transition énergétique. Elle a décidé de poursuivre l’examen des deux projets de loi jusqu’à consultation du contrat-programme 2024-2028 entre l’État et la STEG.
