Publié le 05-06-2026
La vérité sur les retraites faibles : augmentation invisible ou illusion ?
Selon l'expert en protection sociale, M. Badr Samaouii, la situation des pensions en Tunisie est complexe. Les pensions les plus faibles étaient parfois inférieures aux allocations accordées aux familles démunies. Pendant la pandémie en 2022, certaines pensions étaient inférieures à 180 dinars, alors que les allocations sociales pour les familles vulnérables atteignaient ce montant.

Le décret de 2020 et la situation actuelle
Le décret numéro 30 de 2020, en pleine période de Covid, a fixé les pensions à 180 dinars. Cependant, entre-temps, les allocations sociales ont continué d’augmenter : parfois de 20, 40 ou 60 dinars supplémentaires. En juillet 2024, un arrêté a prévu d’aligner les pensions faibles sur les allocations sociales, avec un financement partagé entre l’État et les contributions des retraités.
Exemple concret
Un retraité percevant en 2025 une pension de 200 dinars issue de ses contributions aurait dû bénéficier de l’augmentation de 5 %. En théorie, 5 % de 200 dinars donnent 10 dinars, soit une pension de 210 dinars. Mais l’État continue de couvrir la différence entre 200 et 260 dinars pour aligner la pension sur le niveau des allocations sociales. Ainsi, l’augmentation réelle ressentie par le retraité est réduite à 10 dinars, expliquant pourquoi les petits retraités ne perçoivent pas l’effet complet de l’augmentation.
Le rôle de l’État
L’État subventionne la différence pour que les pensions faibles atteignent le niveau des allocations sociales. Sans cette intervention, les retraités auraient constaté une hausse plus importante. La complexité vient donc du calcul combinant la part issue des contributions personnelles et la part financée par l’État.
Conclusion
Même si techniquement les pensions ont augmenté de 5 %, les bénéficiaires des petites pensions ne le ressentent pas pleinement, car l’État prend en charge une partie significative du montant, réduisant ainsi l’effet visible de l’augmentation.
