Publié le 31-01-2026
Interpellation de Sani Sener, l’ancien patron de TAV à cause de l'aéroport d'Enfidha
Sani Şener, président du conseil d’administration de TAV Construction, a été placé en garde à vue après son interpellation à l’aéroport de Lyon.

L’arrestation, survenue le 19 janvier, s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur un investissement aéroportuaire réalisé en Tunisie en 2007, un dossier sensible touchant directement aux infrastructures stratégiques tunisiennes.
Selon un communiqué de son cabinet, cette audition concerne les activités de TAV Tunis, filiale de TAV Airports Holding, groupe dont Aéroports de Paris détient 46,1 % du capital. Pour rappel, Sani Şener avait démissionné de l’ensemble de ses fonctions au sein du groupe en 2022.
Ses avocats dénoncent un traitement jugé disproportionné, rappelant que l’homme d’affaires est « reconnu internationalement comme un dirigeant respecté et digne de confiance ».
Ils estiment que cette mesure est liée à une enquête plus large portant sur le processus de transition politique entamé en Tunisie en 2011 ainsi que sur ses investissements antérieurs. Le communiqué précise que, s’il avait été convoqué officiellement, Sani Şener se serait présenté volontairement pour coopérer avec les autorités.
L’affaire dépasse désormais le cadre judiciaire. Selon la presse turque, des contacts diplomatiques de haut niveau ont été établis entre la Turquie et la France afin d’accélérer le traitement du dossier. Des démarches juridiques seraient également en cours pour permettre à M. Şener de reprendre ses déplacements internationaux.
Pour de nombreux observateurs en Tunisie, cette affaire ravive les interrogations autour de la transparence des investissements étrangers, du contrôle des grands projets d’infrastructure et de leur impact réel sur l’économie nationale.
