Publié le 14-01-2026

Les pharmaciens alertent : la sécurité médicamenteuse est menacée

Le bureau national du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées a affirmé que la pharmacie privée ne peut plus supporter des solutions provisoires ou de replâtrage, estimant que la phase actuelle exige des décisions fermes plutôt qu’une gestion fragmentée de la crise.



Les pharmaciens alertent : la sécurité médicamenteuse est menacée

Dans un communiqué, le bureau a précisé que la situation actuelle ne constitue nullement une rupture de la relation contractuelle entre les pharmacies et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), mais résulte de l’expiration automatique de la convention en date du 31 décembre 2025, sans qu’aucune discussion sérieuse n’ait été engagée pour son renouvellement, en raison de l’absence des garanties minimales nécessaires à sa réussite.

Le syndicat a souligné que réduire la crise à la seule question des dettes de la CNAM envers les pharmacies relève d’une lecture à courte vue, affirmant que le problème dépasse aujourd’hui le simple règlement des arriérés financiers pour toucher à la préservation de la continuité de l’approvisionnement en médicaments et à la prévention de l’effondrement d’un pilier du service public de santé.

Il a insisté sur le fait que le pharmacien n’est pas à l’origine de la crise, mais en est la victime, ayant résisté à ses répercussions jusqu’au « dernier souffle », sans disposer d’aucun pouvoir sur les prix, le financement, les délais de remboursement, le cadre législatif ou la décision politique.

Le syndicat a rappelé que les pharmacies privées ne constituent ni des groupes financiers ni des entités économiques puissantes, mais des entreprises indépendantes de petite taille, créées par des citoyens issus de l’ascenseur social, qui ont contribué à rapprocher les services de santé des quartiers populaires et des régions intérieures. Nombre d’entre eux ont eu recours à l’endettement pour ouvrir leurs pharmacies, ont été en première ligne lors des crises sanitaires sans contrepartie financière, et ont assumé pendant plus de dix ans le fardeau de l’État lorsque son système n’était plus en mesure d’assurer l’approvisionnement.

Le Syndicat a exprimé son rejet de toute solution qui ne garantirait pas clairement la rupture avec l’échec passé, la fin du rôle de financeur imposé au pharmacien, ainsi que l’assurance d’un approvisionnement effectif en médicaments pour les pharmacies. Il a également appelé au respect des conclusions du sixième avenant, condition essentielle pour restaurer la confiance, à la sécurisation matérielle et juridique du pharmacien au sein du système de santé, et à la mise en place de mécanismes empêchant la répétition de la crise et assurant la pérennité du secteur.

Enfin, le syndicat a souligné que le pays a aujourd’hui besoin d’une réforme structurelle et non d’un simple arrangement conjoncturel, une réforme qui confirme la capacité de l’État à garantir la sécurité médicamenteuse, au lieu de gérer la pénurie et de faire peser le coût de l’échec sur le maillon le plus faible. Cette réforme doit impliquer l’ensemble des ministères concernés, en particulier les ministères des Finances, de la Santé, des Affaires sociales et du Commerce.



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