Publié le 25-03-2023
Le patrimoine juif oasien révélé au sud du Maroc
Près de la palmeraie d'Akka, des fouilles inédites révèlent le passé judéo-marocain du village de Tagadirt.

Au cœur d'une synagogue de la palmeraie d'Akka, deux archéologues, un Marocain et un Israélien, scrutent le sol à la recherche du moindre fragment, témoin de la présence juive millénaire dans les oasis du sud du Maroc. Ces fouilles inédites s'inscrivent dans le cadre d'un projet d'exploration et de réhabilitation du patrimoine juif oasien, tombé en désuétude après le départ d'une grande partie des juifs du Maroc en 1967.
La découverte, ce matin-là, d'un morceau de manuscrit religieux en hébreu est «un signe d'en haut», plaisante l'archéologue israélien Yuval Yekutieli, de l'Université Ben Gourion du Néguev, membre d'une équipe de six chercheurs marocains, israéliens et français. Une collaboration scientifique facilitée par la normalisation diplomatique entre Maroc et Israël en décembre 2020.
Bâtie en terre dans la tradition architecturale présaharienne, la synagogue du village de Tagadirt a été sauvée in extremis de la ruine. Nichée au milieu du «mellah», le quartier juif, elle permet de comprendre la vie de la communauté d'Akka, autrefois carrefour du commerce transsaharien. «L'urgence est de travailler sur ce type d'espaces vulnérables qui risquent de disparaître alors qu'ils renferment des pans de l'histoire judéo-marocaine», explique Saghir Mabrouk, archéologue à l'Institut marocain INSAP.
AFP
