Publié le 26-05-2022
Des chiffres ‘’électrochoquants’’ sur la précarité menstruelle en Tunisie
L’association Wallah We Can qui lutte, à travers son initiative Ecolibree, pour la justice menstruelle a organisé la première étude de terrain au Maghreb et Moyen Orient sur la précarité menstruelle, avec le soutien de pédopsychiatres, de gynécologues ainsi que d’étudiants en médecine.

Cette étude a été précédée par des ateliers éducatifs sur l'hygiène menstruelle et l'éducation sexuelle auprès de quelques centaines de jeunes filles dans la région du Nord-Ouest de la Tunisie.
La précarité menstruelle est l'absence ou le manque d'accès aux protections hygiéniques menstruelles, mais aussi à l’éducation et aux installations sanitaires.
Les chiffres sont choquants et nous incitent à alerter les autorités publiques ainsi que la société civile sur les conséquences pour les jeunes filles sur leur santé, leur équilibre et leur scolarité d’une violence sociale, la précarité menstruelle, qui se développe trop vite. Rappelons que c’est plus d’un tiers de la population qui vit désormais sous le seuil de pauvreté.
Cela veut dire que cette population a un budget de maximum 150dt par mois pour survivre. Cette situation est très inquiétante sachant que l’hygiène est le budget sacrifié par les personnes qui ont besoin de se nourrir. En effet, notre étude montre que:
• 61,7 % des jeunes filles souffrent de la précarité menstruelle et se trouvent obligées à utiliser des tissus usagés, de la mousse de matelas, du papier mouchoir ou encore du papier journal pendant leurs règles.
• 50% des jeunes filles changent leurs serviettes hygiéniques une à deux fois seulement par jour • 60 % des jeunes filles ont mal vécu leurs premières règles à cause du manque d’informations
• 85,3% des jeunes filles déclarent ne pas avoir assez de connaissances sur les règles
• Près de 67% des jeunes filles confirment qu’elles ne peuvent pas parler librement et de manière décomplexée des règles avec leurs proches
« Quand j’ai mes règles, je ne mange pas avec ma famille parce qu’il y aura des tâches de sang visibles sur mes vêtements », ce témoignage poignant est celui d’une jeune fille qui comme beaucoup d’autres souffre psychologiquement de la précarité menstruelle qui affecte au quotidien son éducation, sa scolarité, ses habitudes ainsi que son avenir.
