Publié le 19-01-2022

La diffusion de ''rumeurs'' passible de lourdes peines de prison en Arabie saoudite

La diffusion de «rumeurs» touchant à l'«ordre public» est passible d'une peine allant jusqu'à cinq ans de prison et d'une lourde amende, ont prévenu les autorités saoudiennes à la suite d'affirmations en ligne sur des cas de harcèlement sexuel.



La diffusion de ''rumeurs'' passible de lourdes peines de prison en Arabie saoudite

Le royaume ultraconservateur avait annulé vendredi à la dernière minute un concert en raison de fortes pluies, provoquant de la panique dans le public. Plusieurs internautes ont ensuite évoqué des cas de femmes ayant été victimes de harcèlement sexuel en quittant les lieux après l'annulation du concert. «Publier ou contribuer de quelque manière que ce soit aux rumeurs et mensonges via les réseaux sociaux sur des sujets touchant à l'ordre public est un grave délit», a mis en garde le parquet général dans un communiqué.

Jusqu'à cinq ans d'emprisonnement
Plusieurs personnes ont été convoquées par le ministère public, a-t-il ajouté, précisant que leurs actes étaient punissables d'une peine allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et l'équivalent d'environ 705.000 euros. Les autorités, qui n'ont pas précisé le contenu de ces «rumeurs», ont néanmoins assuré qu'elles étaient «infondées». «Nous sommes constamment exposées au harcèlement sexuel dans ce genre de concerts, mais je n'ai rien vu ce soir-là», a raconté à l'AFP sous couvert d'anonymat une femme qui s'était rendue sur les lieux pour suivre le concert.

Selon des experts, faire des accusations de harcèlement sexuel un délit risque de dissuader les femmes de porter plainte et même d'en parler sur les réseaux sociaux. Le harcèlement sexuel reste un sujet tabou en Arabie saoudite même s'il est depuis peu un délit. La loi de mai 2018 le punit d'une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement et d'une amende équivalente à environ 70.000 euros.


Un tribunal saoudien a récemment ordonné «pour la première fois» la publication dans la presse du nom d'un homme condamné pour harcèlement sexuel, une nouvelle peine considérée comme plus dissuasive. Autrefois interdits, les concerts de musique pop, comme d'autres divertissements, se sont multipliés ces dernières années en Arabie saoudite, où une stricte ségrégation des sexes était jusqu'à récemment de mise.

AFP