Publié le 09-12-2009

A-t-on peur du don d’organes ?

Le don d’organes en Tunisie reste encore un sujet délicat, timidement abordé le temps d’une manifestation ou d’une journée dédiée à cette cause. Faute de mentalité, les campagnes de sensibilisation n’arrivent toujours pas, ou alors très peu,  à atteindre les objectifs fixés.



A-t-on peur du don d’organes ?

Le don d’organes en Tunisie reste encore un sujet délicat, timidement abordé le temps d’une manifestation ou d’une journée dédiée à cette cause. Faute de mentalité, les campagnes de sensibilisation n’arrivent toujours pas, ou alors très peu,  à atteindre les objectifs fixés.

Malgré une législation tunisienne en faveur du don d’organes, les tunisiens restent encore réticents face à ce geste humanitaire. La raison ? Elle est très rarement évoquée, peu convaincante et toujours détournée.

Comment peut-on remédier à cette réticence ? Dire que le don d’organes est une preuve de compassion et un acte d’une grande noblesse ? Tout le monde le sait, tout le monde l’approuve, mais tout le monde n’a pas le courage de planifier l’après-mort. Et voilà le cœur du problème : les gens ont peur du don d’organes car les gens ont peur de la mort.

Générosité, solidarité, soulager la souffrance des autres, offrir une vie à quelqu’un ; autant d’arguments qui ne manquent pas de justesse. Sauver une vie, n’est-ce pas la chose la plus extraordinaire que puisse faire quelqu’un dans sa vie ? Et pourtant, on a encore du mal à l’imaginer.

En réalité, les gens ont peur de se confronter à la mort. Or, évoquer le don d’organes, c’est projeter sa propre mort ou celle d’un proche. Il faut dire, que vu sous cet angle, le sujet devient très délicat. Un acte noble, mais dont la noblesse se retrouve gâchée aussitôt qu’on pense à son fait déclencheur qu’est la perte de vie.  

Le don d’organes est un choix personnel, qui doit être réfléchi. Ayons alors le courage d’y réfléchir dés aujourd’hui, car nous sommes tous concernés. Essayons de nous détacher de l’émotionnel, car en refusant le don d’organes nous refusons le droit à une vie meilleure, et parfois même,  à une vie tout court.

 

Sarah B.H


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